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Le corps, une machine conçue pour la course

Le corps, une machine conçue pour la course

Photo: Quino Al/Unsplash

Des adaptations physiologiques apparues il y a plus de 2 millions d’années démontrent que l’humain a évolué pour courir. Aujourd’hui, les coureurs d’endurance misent sur ces capacités pour repousser leurs limites.

Franchir 125 km dans les montagnes de Charlevoix est un bon défi pour une randonnée d’une semaine, mais aux yeux de certains athlètes d’endurance, le parcours se boucle en moins d’une journée ! Ce type de course extrême a le vent en poupe.

Rien qu’au Québec, on retrouve désormais quatre courses en sentier de plus de 100 km, alors qu’il n’y en avait aucune il y a tout juste cinq ans. En Amérique du Nord, le nombre d’ultra-marathons – des courses de plus de 42,2 km – a bondi de 183 à 1 473 entre 2000 et 2016, selon le site spécialisé ultrarunning.com.

Les ultra-coureurs prolifèrent au même rythme : uniquement en 2017, ils sont plus de 79 000 à avoir complété des courses extrêmes, dont 12 059 ont couvert un parcours de 160 km (presque 4 marathons), note-t-on sur le site de référence realendurance.com. Une distance qui donne le tournis, mais qui ne suffit pas pour certains. Pendant le Tor des Géants, une course disputée en Italie, les athlètes parcourent 335 km et la succession d’ascensions équivaut à un dénivelé positif de 24 000 m, soit environ trois fois l’Everest.

Pour le commun des mortels, courir l’équivalent de plusieurs marathons quotidiennement, en montagne, pendant des jours peut paraître surhumain. « Avec de l’entraînement, certaines personnes peuvent supporter l’inconfort très longtemps, car la fatigue touche moins les muscles que le système nerveux pendant une course d’endurance », dit Guillaume Millet, physiologiste de l’exercice à l’Université de Lyon, qui étudie l’effet de la fatigue sur les athlètes.

À 1h30 le matin, 120 coureurs reçoivent les instructions des organisateurs avant d’entamer le parcours de 125 km de l’UltraTrail Harricana qui s’est tenu à l’automne 2017 dans Charlevoix.
Photo: Guillaume Roy

«Les coureurs d’ultra-marathon ne sont pas surhumains; ils ne font que repousser les limites de la course d’endurance.»

LE PALÉONTHOLOGUE DANIEL E. LIBERMAN

Il n’y a pas que des athlètes surentraînés qui y parviennent. En Inde, un gamin de 4 ans a franchi 60 km en 7 heures, alors qu’une jeune Chinoise de 8 ans a couru 65 km par jour pendant 55 jours, cite en exemple Guillaume Millet. Une étude publiée dans Frontiers in Physiology en avril 2018 a d’ailleurs démontré que le profil métabolique et la capacité de récupération des enfants est similaire à ceux des athlètes de haut niveau, voire parfois supérieur !

L’humain serait-il fait pour la course ? C’est ce que pense le paléoanthropologue Daniel E. Liberman qui étudie le fonctionnement de l’organisme et la façon dont il a évolué depuis plusieurs millions d’années. « Les coureurs d’ultra-marathon ne sont pas surhumains; ils ne font que repousser les limites de la course d’endurance », soutient-il. Selon lui, les premiers représentants du genre Homo ont acquis cette résistance incroyable, et les propriétés biomécaniques qui la sous-tendent, il y a plus de 2 millions d’années.

« Lorsque les premiers primates sont devenus bipèdes, il y a 4,4 millions d’années, ils sont devenus lents et vulnérables », note celui qui dirige le département de biologie humaine évolutive à l’université Harvard. Mais l’évolution a rebattu les cartes en sélectionnant les individus les mieux adaptés à l’activité de chasse et de cueillette. « Parmi les traits sélectionnés, outre la coopération et de plus gros cerveaux, il y a la course. C’est d’ailleurs une des clés pour comprendre l’évolution de la structure du corps humain, car on retrouve plusieurs caractéristiques qui ne servent qu’à cette activité », assure Daniel E. Liberman.

Prenez le talon d’Achille. C’est un ressort très efficace pour courir, mais il n’apporte aucun bénéfice biomécanique pour la marche. Idem pour la cambrure du pied. « Ces adaptations, qui agissent comme des ressorts, permettent de stocker près de 50 % de l’énergie nécessaire lorsqu’on court et cette énergie est restituée à chaque foulée », remarque le chercheur qui, en collaboration avec le biologiste Dennis Bramble, a rédigé le premier article scientifique sur l’importance de la course dans l’évolution humaine, lequel a été publié par Nature en 2004.

Quand on se compare au chimpanzé, notre plus proche cousin chez les primates, on constate plusieurs autres différences physiologiques, ajoute Daniel E. Liberman qui a publié, depuis, une dizaine d’études portant sur le sujet, ainsi que le livre The Story of the Human Body, en 2013. Nos orteils sont plus courts pour éviter de les briser en courant et nos jambes sont plus longues pour nous permettre de faire de grandes foulées. Et nous avons de grosses fesses. « Le grand fessier, qui connecte les jambes au bassin, sert à stabiliser le corps, et on l’utilise seulement lorsque l’on court », soutient-il. Des épaules plus basses et l’apparition du ligament nuchal (au niveau du cou) font aussi partie des adaptations majeures qui permettent de stabiliser la tête pendant la course.

 

Des femmes bioniques?

Les femmes sont moins fatiguées sur le plan musculaire après une course d’endurance, selon les données recueillies lors d’une étude réalisée après l’Ultra-Trail du Mont-Blanc, une course de 166 km dans les Alpes françaises. «Les femmes sont soit plus résistantes à la fatigue, soit elles gèrent mieux leur niveau de fatigue que les hommes», commente le physiologiste de l’exercice Guillaume Millet, avant d’ajouter que davantage de recherche est nécessaire pour mieux comprendre les mécanismes.

 

Chasseurs endurants

C’est pour échapper aux prédateurs, mais surtout pour nourrir leur clan, que les hominidés du genre Homo sont peu à peu devenus de vraies machines de course.

« Tous les carnivores doivent courir pour attraper leur proie, poursuit Daniel Lieberman. Je ne vois pas pourquoi les humains feraient exception. » Pas facile, toutefois, de rattraper une gazelle, un cerf ou un zèbre lors d’un sprint.

Sans armes (les premières lances n’étant apparues qu’il y a 400 000 ans), nos ancêtres ont donc misé sur une redoutable tactique : la chasse à l’épuisement ! Le plan consistait à courir longtemps après un animal pour le faire surchauffer jusqu’à ce qu’il s’écroule.

Car le fait de courir génère beaucoup de chaleur et « si la chaleur est produite plus rapidement qu’elle n’est dissipée, la température du corps augmente », a expliqué David R. Carrier, un biologiste pionnier dans l’évolution de la morphologie humaine, dans une étude sur le sujet publiée par Current Anthropology en 1984.

En pourchassant l’animal à l’heure la plus chaude de la journée, ce dernier est rapidement incommodé et cherche à s’arrêter dès que possible pour abaisser sa température corporelle en haletant. En suivant les traces laissées par la bête, le chasseur peut toutefois traquer sa proie pendant plusieurs heures, jusqu’à ce qu’elle ait trop chaud pour continuer.

Et c’est justement parce que l’humain, lui, a une capacité unique lui permettant d’éviter la surchauffe qu’il est gagnant à ce jeu-là. « Nous suons plus par unité de surface que n’importe quelle autre espèce, grâce à des glandes sudoripares qui n’ont pas d’équivalent dans le monde animal », soutient David R. Carrier. Et contrairement à la plupart des animaux, nous n’avons presque pas de poils.

« De plus, alors que les quadrupèdes doivent respirer une fois par enjambée, car leurs poumons sont comprimés pendant la course, l’humain, bipède, peut respirer plus librement lorsqu’il court, favorisant l’apport d’oxygène dans le corps », ajoute le biologiste.

Toutes ces adaptations ont permis à l’homme de pratiquer la chasse à l’épuisement pendant des millénaires jusqu’à la fin du XXe siècle, alors que plusieurs peuples autochtones, comme les Bushmen en Afrique australe, les Tarahumara au Mexique, les Navajos aux États-Unis ou les aborigènes d’Australie, chassaient encore des proies ainsi. Cette technique a d’ailleurs été documentée par l’anthropologue Louis Liebenberg qui a participé à plusieurs chasses à l’épuisement dans le désert du Kalahari dans les années 1980 et 1990. Aujourd’hui, la pratique est de plus en plus rare, car l’utilisation de fusils a changé la donne, mais cette extraordinaire endurance n’a pas disparu pour autant.

Mieux, on en repousse sans cesse les limites. Dans le quartier Queens, à New York, des coureurs complètent la 3100 Mile Race (4 989 km) en 52 jours, en faisant 5 649 tours d’un pâté de maisons près de Central Park. D’octobre 2009 à octobre 2010, le coureur français Serge Girard est allé encore plus loin en parcourant la distance de 27 012 km en un an, soit l’équivalent de 74 km par jour ! Quelle distance quotidienne le corps humain peut-il ainsi tolérer ? « Difficile à dire », répond le physiologiste Guillaume Millet, car notre cerveau nous protège contre nos propres excès et chaque personne réagit différemment à la fatigue. Les deux seules limites réelles sont le manque de sommeil et la chaleur, ajoute M. Millet, car ils peuvent causer des hallucinations, un manque de jugement et ultimement la mort.

Quoi qu’il en soit, nous aurions probablement tous intérêt à renouer avec le coureur qui sommeille, sous les couches de civilisation moderne, en chacun de nous. « Nous ne sommes génétiquement pas faits pour être sédentaires », martèle Guy Thibault, directeur des sciences du sport à l’Institut national du sport du Québec. Et nul besoin de franchir des distances inimaginables pour bénéficier des effets de la course, car en plus d’améliorer le système musculo-squelettique, l’activité physique agit comme un antidépresseur, réduit le stress et facilite le sommeil.

Prêts à chausser vos espadrilles ?

Faut-il craindre un torticolis du téléphone mobile ?

Par Stéphane Demorand Modifié le  - Publié le  | Le Point.fr

L’utilisation intensive des smartphones et des tablettes pourrait provoquer des douleurs cervicales. Le text neck ou « torticolis du mobile » : mythe ou réalité ?

Les enfants et adolescents souffrent-ils d'un nouveau mal : le text neck ou << torticolis du mobile >> ? Image d'illustration.
Les enfants et adolescents souffrent-ils d’un nouveau mal : le text neck ou « torticolis du mobile » ? Image d’illustration.

© Studio CP

Le déploiement massif des téléphones mobiles, des tablettes et des ordinateurs portables, dans un contexte de développement du travail à la maison, bouleverse les usages et les habitudes de chacun. En outre, les plus jeunes d’entre nous passent un temps certain chaque jour à converser par SMS, ainsi que sur les réseaux sociaux, et leurs parents s’alarment de les voir les yeux rivés sur leur écran des heures durant. Les idées reçues sur le temps passé par les 15-34 ans sur leur smartphone sont nombreuses et le Baromobile publié par l’agence OMD nous en dit plus sur leurs habitudes. Ainsi, ce baromètre nous apprend qu’ils sont 98 % à se connecter chaque jour à leur smartphone, qu’ils consultent en moyenne 33 fois par jour, et qu’ils y passent 2 h 16 par jour. Les plus âgés ne sont pas en reste, puisque ce même baromètre révèle que les 15/60 ans passent – eux – en moyenne 1 h 42 par jour sur leur smartphone.

Le business du text neck

Le « text neck », que l’on traduit en français par « torticolis du mobile », est une théorie selon laquelle l’utilisation du smartphone aurait des effets délétères sur les vertèbres cervicales. C’est en Floride qu’est née cette idée, et c’est un dénommé Dean Fishman qui en est le père. Ce chiropraticien dit avoir diagnostiqué le premier cas de text neck chez un adolescent de 17 ans souffrant de douleurs cervicales qu’il attribua alors à l’utilisation excessive de son téléphone portable. S’ensuivit un juteux business pour ce praticien qui ouvrit son « Text Neck Institute » afin de traiter les patients souffrant de ce nouveau type de pathologie. Tout cela pourrait tomber sur le coup du bon sens si la science ne s’en était pas mêlée, et la théorie de Dean Fishman n’a, pour le moment, été validée par aucune recherche scientifique. Pis, une étude parue dans le European Spine Journal menée auprès de 150 jeunes gens âgés de 18 à 21 ans a révélé qu’aucun lien n’avait pu être établi entre l’utilisation du smartphone et d’éventuelles douleurs cervicales.

De bonnes pratiques à adopter

Si aucun lien n’a été établi entre l’utilisation du smartphone et les douleurs cervicales, il ne faut pas pour autant négliger sa posture et respecter quelques règles élémentaires. La tête pèse entre 4 et 5 kilos, et la charge sur le rachis cervical peut atteindre 27 kilos si la tête est penchée de 60 degrés vers l’avant, ce qui est loin d’être négligeable. D’une manière générale, il est préférable de privilégier les grands écrans plutôt que les petits, une étude a montré que l’utilisation d’écrans plus grands induisait une moindre flexion de la tête vers l’avant. En outre, quand cela est possible, surélever de quelques degrés la tablette et le smartphone aura un impact immédiat et direct sur les contraintes cervicales. Enfin, faire des pauses et pratiquer régulièrement des exercices d’assouplissement serait souhaitable pour lever les tensions qui s’accumulent dans les muscles cervicaux. Ces bonnes pratiques doivent par extension s’appliquer aussi bien aux étudiants qui passent des heures à étudier sur leur bureau qu’à ceux qui travaillent des heures durant sur un poste informatique.

https://www.lepoint.fr/sante/kine/demorand-le-torticolis-du-mobile-existe-t-il-07-01-2019-2283729_2467.php

Rentrée des classes : quel cartable acheter à votre enfant ?

Par Stéphane Demorand sur Le Point.fr http://www.lepoint.fr/education/rentree-des-classes-quel-cartable-acheter-a-votre-enfant-27-08-2018-2245998_3584.php

Le choix d’un cartable est fondamental pour le confort de l’enfant et la protection de son dos. Devant une offre pléthorique, quel modèle faut-il préférer ?

Le poids du cartable ne devrait pas exceder 10 % de celui de l'enfant. On en est loin trop souvent.
Le poids du cartable ne devrait pas excéder 10 % de celui de l’enfant. On en est loin trop souvent.

© LOIC VENANCE / AFP

Choisir un cartable pour son enfant dépasse la simple considération esthétique, et l’enjeu repose avant toute chose sur la prévention du mal de dos. Entre 50 et 60 % des collégiens déclarent souffrir du dos, et la question du cartable, même si elle ne doit pas être traitée isolément des autres causes, est bien une question fondamentale dans la lutte contre le mal de dos de nos enfants.

Avec ou sans roulettes ?

Le premier dilemme auquel les parents sont confrontés est celui du choix de la technologie : faut-il opter pour un modèle avec des roulettes ? La réponse est catégorique et sans appel, n’achetez pas ce type de cartable, car le mécanisme l’alourdit. C’est un enjeu majeur, le poids d’un cartable ne devant pas dépasser 10 % du poids du corps de l’enfant. Un enfant de 30 kilos ne devrait donc pas voir le poids de son cartable excéder 3 kilos. Or, certains cartables pèsent 5 kilos à l’école primaire, et ce chiffre monte d’une façon vertigineuse à l’entrée au collège où le poids dépasse allègrement la barre des 10 kilos.

Dans ce contexte, la chasse aux grammes inutiles devient un enjeu d’importance, raison pour laquelle il faut absolument bannir les cartables à roulettes. En outre, il n’est pas très physiologique de marcher en tirant le cartable sur ses roulettes, cela empêche le balancement naturel des bras et induit des tensions importantes dans les vertèbres cervicales ainsi que dans le membre supérieur qui tracte le cartable.

L’importance du réglage

Le portrait-robot du cartable idéal est le suivant : il doit posséder des bretelles larges et renforcées de mousse afin de répartir les charges sans cisailler les épaules. La longueur du cartable ne doit pas dépasser la largeur du dos de l’enfant afin que les bras puissent librement balancer d’avant en arrière au cours de la marche.

Le réglage des bretelles est un élément majeur de confort et de prévention contre les douleurs rachidiennes. Si le cartable est porté trop bas, il aura tendance à déporter le centre de gravité de l’enfant vers l’arrière et à augmenter les contraintes sur les vertèbres lombaires. Il est donc fondamental que le cartable soit positionné au niveau de la cage thoracique, c’est la raison pour laquelle les sacs à dos sont déconseillés chez les jeunes enfants, car ils tombent trop bas dans le dos.

Les enfants aussi ont mal au dos

Le scandale du poids du cartable, s’il est d’importance, ne doit pas occulter notre responsabilité collective vis-à-vis du mal de dos de nos enfants. Ainsi, l’aspect purement technique du choix d’un cartable n’exonère pas de considérer les autres facteurs pouvant concourir au mal de dos. Force est de constater que rien n’a changé depuis des décennies, malgré les signaux d’alerte émis par les professionnels de santé. Les cartables sont toujours aussi lourds, les casiers trop peu nombreux, et l’avènement du livre numérique promis il y a quelques années semble encore une lointaine perspective…

En outre, la question de la posture en classe n’est que rarement abordée, et ce, malgré d’excellentes initiatives, telles que M’ton dos lancé par des kinésithérapeutes. Nous pourrions ainsi discuter de l’ergonomie du matériel scolaire, mais aussi du réel besoin de former élèves et enseignants à la bonne posture chez des élèves qui passent parfois plus de quatre heures par jour assis en classe. Le fléau du mal de dos de nos jeunes ne pourra être enrayé que si toutes les composantes du sujet sont traitées parallèlement.

Pourquoi lire ses textos pourrait coûter cher à votre dos

Par Hugo Jalinière le 21.11.2014 à 11h13, sur sciencesetavenir.fr

Pencher la tête, même légèrement, lorsqu’on utilise son smartphone accroît la pression exercée sur les vertèbres cervicales situées dans le cou.

Pencher la tête pour lire ou envoyer des textos depuis son smartphone fait peser une pression importante sur les vertèbres cervicales du cou.

Pencher la tête pour lire ou envoyer des textos depuis son smartphone fait peser une pression importante sur les vertèbres cervicales du cou. ©GREG BAKER / AFP

MAL DE DOS. Passer trop de temps à envoyer des textos pourrait coûter cher à votre dos. Plus exactement, ce sont les vertèbres cervicales situées au niveau du cou qui pâtiraient le plus de notre utilisation croissante des smartphones. Chacun pourra s’en rendre compte, mais lorsqu’on utilise son téléphone pour envoyer un SMS ou utiliser une application on a tendance à légèrement pencher sa tête en avant. Une position qui exerce une pression non négligeable sur nos cervicales qui supportent alors tout le poids de notre tête.

C’est une petite étude publiée dans la revue spécialisée Surgical Technology International par le Dr Kenneth Hansraj, chirurgien du dos

Le chirurgien a mesuré la pression exercée sur nos cervicales lorsque nous inclinons la tête. Car en fonction du degré d’inclinaison, le crâne pèse plus ou moins lourd sur notre cou.

©KENNETH K. HANSRAJ

Jusqu’à 30 kg en plus sur le cou

Ainsi, la tête d’un adulte pèse en moyenne 4,5 à 5,5 kilogrammes. En position droite, ce poids est naturellement réparti et supporté par notre colonne vertébrale. Mais une légère inclinaison de la tête de 15° vers l’avant suffit à faire plus que doubler la masse qui pèse sur les cervicales, soit plus de 12 kg (voir schéma ci-dessus). Et plus on se penche, plus le poids du crâne pèse et plus la pression exercée sur les cervicales sera importante. Penchée à 30° la tête pèsera l’équivalent 18 kg ; à 45° elle pèsera 22 kg et à 60° ce sera près de 30 kg…

La pression qui s’exerce ainsi sur les cervicales pourrait « conduire à une usure, une déchirure, une dégénération et à de possibles opérations chirurgicales prématurées », selon le Dr Kenneth Hansraj.

Le chirurgien estime que les utilisateurs de smartphones devraient être sensibilisés au risque qu’une mauvaise position fait courir à notre colonne vertébrale. À plus forte raison que le temps passé devant les petits écrans ne cessent d’augmenter. En France par exemple, on passe en moyenne 1 h 20 par jour penchés sur nos téléphones.

Une position la plus droite possible devrait donc être observée lorsqu’on utilise son smartphone. L’idéal étant de conserver ses oreilles alignées avec les épaules

Consommation d’aliments transformés et risques de cancer seraient liés

Par Sciences et Avenir avec AFP le 15.02.2018 à 17h02, mis à jour le 09.04.2018 à 12h12  https://www.sciencesetavenir.fr/sante/cancer/aliments-industriels-gare-aux-produits-transformes-et-ultratransformes_121282

Une hausse de 10% de la consommation de nourriture ultratransformée augmenterait le risque de développer un cancer de 12%, d’après une nouvelle étude française ayant suivi près de 105.000 participants sur 8 ans.

Aliments ultratransformés

La consommation d’aliments ultratransformés (« industriels ») est lié à une augmentation du risque de développer un cancer

DIANA MILLER / CULTURA CREATIVE

La consommation de nourriture industrielle « ultratransformée » est corrélée à une augmentation du risque de cancer, en particulier de cancer du sein, d’après une étude française conduite auprès d’environ 105.000 Français et publiée jeudi 15 février 2018. Un lien avéré mais dont la relation de cause à effet reste à démontrer. L’étude, appelée NutriNet-Santé, repose sur des questionnaires remplis sur internet entre 2009 et 2017 par des participants dont l’âge médian approchait 43 ans.

« ULTRATRANSFORMES ». Selon l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), le groupe des « aliments ultra-transformés » comprend tous les produits alimentaires principalement ou entièrement constitués de sucre, de matières grasses et d’autres substances non utilisées dans les préparations culinaires telles que les huiles hydrogénées et les amidons modifiés, et les produits transformés avec ajout de conservateurs autre que le sel (comme les nitrites). Par exemple, les pains et brioches industriels, les barres chocolatées, les biscuits apéritifs, les sodas et boissons sucrées aromatisées, les nuggets, les soupes instantanées, les plats tout prêts…

+10% de consommation d’aliments ultratransformés = +12 % de risque de développer un cancer

Quelques études avaient déjà observé une association entre la consommation d’aliments ultra-transformés et « une incidence plus élevée de dyslipidémie chez les enfants brésiliens et à des risques plus élevés de surpoids, d’obésité et d’hypertension chez les étudiants universitaires espagnols », précisent les auteurs de l’étude. Dans cette étude, les chercheurs ont analysé les réponses d’une série de questionnaires sur les consommations diététiques quotidiennes remplie tous les 6 mois pendant les 2 premières années par les 104.980 patients de l’étude. Ils ont ensuite établi la moyenne des apports alimentaires des participants et les ont considérés comme leurs apports alimentaires habituels de référence pendant les 8 ans de suivi. Résultat, les scientifiques ont fait état de 2.228 cas de cancer, dont 108 mortels et 739 du sein sur la période et la population étudiées. Ils ont ainsi constaté qu’ »une augmentation de 10% de la proportion d’aliments ultra-transformés dans l’alimentation était associée à des augmentations significatives de 12% du risque global de cancer et de 11% du risque de cancer du sein ».

« Plus spécifiquement, les graisses et sauces ultratransformées et les produits et boissons sucrées étaient associés à un risque accru de cancer globalement, et les produits sucrés ultratransformés étaient associés à un risque de cancer du sein », ont précisé les chercheurs. Leurs « hypothèses » visent « la qualité nutritionnelle généralement plus faible » de ces produits, trop gras, trop caloriques et/ou trop salés, et « la vaste gamme d’additifs » qu’ils contiennent. Par ailleurs, « la transformation des aliments et en particulier leur cuisson produisent des contaminants nouvellement formés », s’inquiètent-ils. Dans un éditorial, le BMJ a souligné que l’étude ne proposait qu’une première observation, qui « mérite une exploration attentive et plus poussée ». « Le lien de cause à effet reste à démontrer », a acquiescé l’Inserm, qui a financé l’étude avec d’autres institutions publiques françaises.

Ne pas confondre corrélation et conséquence

Si l’étude parle d’ »association » entre la consommation d’aliments ultratransformés et le risque de cancer et ne dit pas que l’un semble être la cause de l’autre, c’est parce que la relation de cause à conséquence n’a pas encore été démontrée. Il serait dans ce cas possible qu’une partie de l’augmentation de risque de cancer observée découle d’autres paramètres, tels que les mauvaises habitudes que les gens qui mangent beaucoup de nourriture industrielle sont plus susceptibles d’avoir. Ainsi, selon la revue, les 25% ayant la plus forte consommation d’aliments ultra-transformés « avaient tendance à être plus jeunes, fumeurs, moins instruits, à avoir moins d’antécédents familiaux de cancer et faire moins d’activité physique ». De plus, le cancer étant une pathologie susceptible de survenir sur le long terme, les auteurs prévoient de continuer le suivi sur les 10 années à venir afin d’actualiser les résultats.

Les plats industriels sont de plus en plus présents dans l’alimentation de toutes les régions du monde. Les chercheurs de NutriNet-Santé indiquent que leur part dans le régime des Français n’est pas quantifiée. Ils citent une étude de 2016 de l’agence alimentaire Anses montrant que quand ils mangent chez eux, la moitié de leurs aliments transformés proviennent de l’industrie, un tiers sont « faits maison » et le reste artisanalement. L’Organisation mondiale de la santé désigne l’ »augmentation de la consommation d’aliments très caloriques riches en lipides » parmi les principales causes de la progression de l’obésité, à l’origine de graves problèmes de santé publique.

D’après l’Inserm, l’équipe de recherche poursuit ses travaux en lançant un nouveau programme sur les additifs alimentaires, afin d’en évaluer leurs effets potentiels sur la santé et la survenue de maladies chroniques. Pour participer au recrutement, il suffit de s’inscrire en ligne (www.etude-nutrinet-sante.fr) et de remplir des questionnaires, qui permettront aux chercheurs de faire progresser les connaissances sur les relations entre nutrition et santé et ainsi d’améliorer la prévention des maladies chroniques par notre alimentation.

 

Combien d’heures de sommeil vous faut-il pour être en forme ?

Par Elena Sender le 05.02.2015 à 17h36, mis à jour le 16.03.2018 à 10h45  https://www.sciencesetavenir.fr/sante/sommeil/journee-du-sommeil-combien-d-heures-vous-faut-il-pour-etre-en-forme_18858

Un adolescent n’a pas besoin de dormir autant qu’un nourrisson, mais plus qu’un adulte ou un sénior. En effet, à chaque tranche d’âge son temps de sommeil, comme le montre notre infographie à (r) découvrir à l’occasion de la Journée internationale du sommeil, le 16 mars.

Les besoins en sommeil varient énormément au cours de la vie et peuvent être scindés en neuf catégories d'âge.

Les besoins en sommeil varient énormément au cours de la vie et peuvent être scindés en neuf catégories d’âge.

©DAMIEN HYPOLITE/SCIENCES ET AVENIR

Rien ne vaut une bonne nuit de sommeil pour se sentir en pleine forme. Dormir oui, mais combien de temps ? La National Sleep Foundation américaine a publié en 2015 ses recommandations. Un panel de 18 spécialistes a en effet passé en revue plus de 300 publications scientifiques et en a déduit que les besoins en sommeil variaient énormément au cours de la vie et pouvaient être scindés en neuf catégories d’âge. Sciences et Avenir vous propose son infographie pour y voir plus clair :

Le nombre d’heures de sommeil recommandées en fonction de chacune des 9 tranches d’âge : nouveau-nés (14 à 17 h) ; nourrissons (12 à 15 h)  ; bébés (11 à 14 h) ; jeunes enfants (10 à 13 h) ; enfants (9 à 11 h) ; adolescents (8 à 10 h) ; jeunes adultes (7 à 9 h) ; adultes (7 à 9 h) ; seniors (7 à 8 h). (© Damien Hypolite / Sciences et Avenir)

Ces fourchettes ne sont qu’indicatives. Cependant les auteurs notent que dormir plus ou moins que ce que préconisent ces recommandations pourrait être considéré comme le symptôme d’un trouble.

Évaluer son besoin de sommeil

En réalité il est impossible d’édicter une norme, chacun doit déterminer les besoins de sommeil qui lui sont propres. Chez les adultes, la durée moyenne de sommeil est de 8 heures, mais certains petits dormeurs se contentent de 6 heures alors que les « gros dormeurs » ont besoin de 9 à 10 heures pour se sentir reposés. Ces différences sont liées à des facteurs génétiques qui définissent notre « chronotype ».

Comment apprécier son besoin réel ?  »On peut le mesurer par actimétrie [examen du rythme veille/sommeil réalisé grâce à un actimètre]

, mais c’est compliqué, précise Arnaud Rabat, chef de projet dans l’Unité fatigue et vigilance de l’Institut de recherche biomédicale des Armées (Irba). Le plus simple est de tenir un agenda du sommeil pendant une période sans (ou avec peu) de contraintes professionnelles et familiales. Idéalement la deuxième semaine de vos vacances. L’absence de contraintes, va vous permettre de dormir le temps qui correspond le mieux à vos besoins physiologiques !  » L’agenda du sommeil, comme le propose le Réseau Morphée par exemple consiste à noter certains paramètres de sommeil et somnolence sur une longue durée. Ce qui permet d’analyser vos habitudes, la répartition de votre sommeil et d’objectiver des progrès en cas de difficultés.

On s’aperçoit le plus souvent alors que notre besoin en sommeil est supérieur à ce que l’on pratique effectivement. En moyenne, en effet, selon l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV), 29 % des Français dorment moins de 7 h par jour en semaine. Avec une hausse du temps de sommeil le week-end, qui passe à 7 h 50 min en moyenne. Elle est destinée à « compenser » la dette de sommeil chronique de la semaine. Or, le manque de sommeil ne s’annule pas en 2 jours.

« Si cette restriction est ponctuelle et modérée, les conséquences sont limitées, note l’INSV. En revanche réduire le temps de sommeil à 6 heures chez des sujets dont le besoin était de 6 h 30 min à 8 h 30 min sur une durée de deux semaines provoque des altérations des performances dans la journée aussi importantes au bout de 5 jours qu’après une nuit blanche, ainsi que des accès de sommeil incontrôlables chez certains sujets en fin d’expérience. » De plus, on sait désormais que des nuits de moins de 6 heures bouleversent jusqu’à l’expression de nos gènes avec des risques de maladies à la clé.

Plus de 10.000 accidents du travail « psychiques » en 2016 en France

Par Sciences et Avenir avec AFP le 16.01.2018 à 14h50

Dans une étude inédite, l’Assurance maladie fait état de plus de 10.000 cas d’affections psychiques reconnus comme accident du travail en 2016 et d’environ 600 affections psychiques reconnues comme maladie professionnelle.

 

Accidents du travail "psychiques" en 2016 en France

Le secteur médico-social concentre ainsi à lui seul 20% des affections psychiques reconnues en accident du travail.

© VOISIN / PHANIE / AFP

En 2016, plus de 10.000 cas d’affections psychiques ont été reconnus comme accident du travail, pour un coût estimé à 230 millions d’euros, révèle l’Assurance maladie dans une étude inédite rendue publique le 16 janvier 2018. La branche accidents du travail/maladies professionnelles (AT/MP) de l’Assurance maladie a étudié les certificats médicaux des 626.000 accidents du travail reconnus en 2016. Parmi eux, environ 10.000 (soit 1,6%) concernaient des affections psychiques (troubles anxieux, troubles du sommeil, dépression, états de stress post-traumatique…). En 2011, la proportion était de 1%. Ces accidents du travail peuvent être provoqués par un événement extérieur – même si lié au travail – comme dans le cas d’une agression, d’un braquage, d’un attentat… Mais ils peuvent aussi être les révélateurs de conditions de travail intrinsèquement difficiles (altercation violente avec un supérieur…).

Le secteur médico-social très touché

Par ailleurs, environ 600 affections psychiques ont été reconnues comme maladie professionnelle la même année – sur 1.100 demandes, un nombre qui, même s’il reste marginal, a été multiplié par cinq en cinq ans. L’étude révèle également que le nombre de suicides reconnus en accident du travail  »oscille annuellement entre 10 et 30″. Au total, le coût de la prise en charge des affections psychiques liées au travail s’élève à 230 millions d’euros pour la branche AT/MP en 2016. Un montant à relativiser au regard de ce que lui coûtent les lombalgies (1 milliard) et les troubles musculo-squelettiques (800 millions). Les personnes concernées par les affections psychiques liées au travail ont en moyenne 40 ans, et sont pour la majorité des employés, même si proportionnellement les cadres sont plus touchés.

Dans 60% des cas, il s’agit de femmes, en raison de leur sur-représentation dans certaines professions. Le secteur médico-social concentre ainsi à lui seul 20% des affections psychiques reconnues en accident du travail, alors qu’il emploie 10% des salariés. Les transports (15% des affections psychiques) et le commerce de détail (13%) sont également fortement représentés. Ces trois secteurs ont en commun d’être en contact avec le public, note l’Assurance maladie. La durée des arrêts liés à un accident du travail pour affection psychique est en moyenne bien plus longue (112 jours) que pour les accidents du travail en général (65 jours). La reconnaissance d’un accident du travail permet de toucher des indemnités journalières supérieures à celles perçues pour simple maladie, sans limite de durée.

Cirrhose : les sodas à l’origine du syndrome du « foie gras »

Par Lise Loumé sur SciencesetAvenir.fr  https://www.sciencesetavenir.fr/sante/cirrhose-les-sodas-a-l-origine-du-syndrome-du-foie-gras_29144

La consommation de boissons sucrées pourrait favoriser l’apparition de lésions irréversibles du foie. 12 % des personnes obèses seraient touchées.

Cirrhose : les sodas à l'origine de lésions du foie

La consommation de boissons sucrées peut provoquer des lésions du foie.

© RICHARD B. LEVINE/NEWSCOM/SIPA

 

Décidément, la consommation quotidienne de sodas n’est pas bonne pour la santé. Directement liée à l’épidémie d’obésité qui touche actuellement l’Europe et les États-Unis, elle est aussi à l’origine de lésions du foie, selon une étudepubliée dans le Journal of Hepatology et menée par des chercheurs de la Tufts University (États-Unis).

Un risque qui n’est pas associé à la consommation de sodas « light »

Les chercheurs ont demandé à 2.634 hommes et femmes de reporter leur consommation de boissons sucrées (avec ou sans caféine). Ils ont ainsi classé les participants selon trois catégories : les faibles consommateurs de sodas (1 soda de 33 mL par mois à moins d’1 par semaine), les consommateurs modérés (1 soda par semaine à moins d’une portion par jour), et les « grands » consommateurs (au moins 1 soda par jour). Puis ils ont examiné la quantité de gras présente dans le foie des participants à l’aide de la tomodensitométrie, une technique d’imagerie médicale. Verdict : les auteurs de l’étude se sont aperçus que les consommateurs quotidiens de sodas ont un risque accru de 55 % de développer une stéatose hépatique non alcoolique (SHNA), c’est-à-dire une accumulation de graisses appelées triglycérides dans les cellules du foie (voir encadré ci-dessous). Et peu importe le sexe, l’âge, l’indice de masse corporelle et le mode de vie des participants (comme la consommation d’alcool ou de tabac). Cependant, l’absorption fréquente de sodas  »light » n’augmente pas le risque de SHNA, selon cette étude.

SYNDROME DU « FOIE GRAS ». La stéatose hépatique non alcoolique (SHNA) est très souvent associée à la surcharge en poids et/ou au diabète de type 2, expliquel’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) sur son site internet. Cette maladie est le plus souvent asymptomatique, mais l’accumulation d’acides gras peut entraîner une réponse inflammatoire appelée stéatohépatite non alcoolique qui favorise l’apparition d’une cirrhose (inflammation chronique qui entraine la destruction des cellules hépatiques) et dans certains cas le développement d’un hépatocarcinome (tumeur du foie la plus fréquente). Aux États-Unis, près de 30 % de la population serait ainsi touchée par ce syndrome du « foie gras ». Une situation qui devrait empirer puisque d’ici 2030, puisque près de 50 % de la population mondiale pourrait souffrir de SHNA, estiment les scientifiques. En France, 12 % des personnes obèses sont concernées, ont estimé des médecins lors du Congrès d’hépatologie de Paris qui s’est tenu au Palais des congrès, les 30 et 31 janvier. 2017.

Le sport contre la dépression

Courir, nager, faire du vélo… Une activité physique, si elle est régulière, diminue les symptômes des personnes dépressives. Pour beaucoup de patients, ce serait même le traitement le plus efficace et le plus sain.

footing

  

Le 14 février 2014, jour de la Saint-Valentin, Elizabeth Droge-Young est admise à l’hôpital de Syracuse, dans l’état de New York. Depuis plus d’un an, elle se bat contre la dépression : elle mange peu, et mal, perd tout intérêt pour ses petits plaisirs d’avant – les films, les livres et la musique. Elle s’est progressivement éloignée de ses amis et manque régulièrement les cours de l’université où elle est inscrite en master de biologie évolutive. Depuis cet hiver, Elizabeth est parfois incapable de sortir de son lit, malgré l’action des antidépresseurs qu’elle a commencé à prendre à l’automne dernier. Dans les moments les plus sombres, des pensées obsessionnelles d’automutilation et de suicide lui traversent l’esprit. C’est alors qu’elle réalise qu’elle a sérieusement besoin d’être aidée.

Après une semaine et demie passée à l’hôpital de Syracuse, sous étroite surveillance pour éviter qu’elle ne se suicide pas, et traitée par un sérieux cocktail de médicaments, Elizabeth rentre chez elle, dispensée de cours jusqu’à la fin de l’année. Un temps, elle semble aller mieux. Mais quand elle retourne à l’université à la rentrée, sa tristesse incontrôlée et ses pulsions morbides refont surface. Cette fois, on l’oriente vers l’hôpital de Saratoga Springs, à deux heures et demie de route de chez elle, où les médecins lui proposent une prise en charge plus globale. En plus des médicaments et des consultations psychologiques, ceux-ci lui prescrivent des activités quotidiennes : de l’art créatif et des marches à pied en plein air. Pendant son séjour, un thérapeute lui conseille également de pratiquer une autre activité physique. À sa sortie, Elizabeth commence à fréquenter les salles de sport, trois à cinq fois par semaine, pour marcher ou courir sur les tapis de course, lever des haltères ou suivre les très populaires cours de Zumba.

« C’était très ressourçant », confie Elizabeth qui, à 33 ans, est aujourd’hui journaliste scientifique free-lance à Providence, la capitale de l’État de Rhode Island. « Cela a eu un effet très positif sur mon humeur. C’est comme si l’exercice permettait de reconnecter l’esprit et le corps. Ça a quelque chose de magique. Lever des poids ou courir demande de poser un regard sur soi : “Tu vois à quel point tu es solide et endurante ? Il y a du positif en toi.” Et danser me procurait une sensation de joie – les mouvements s’enchaînaient avec une certaine liberté et un réel bien-être. » Elizabeth n’a alors jamais plus été hospitalisée. La danse, le vélo… sont, pour elle, des composantes essentielles de son traitement.

Reconnecter l’esprit et le corps

Depuis longtemps, on sait que l’exercice est bon pour la santé physique. Des dizaines d’années de recherche ont montré qu’une activité sportive régulière diminue le risque de développer de nombreuses maladies – pathologies cardiovasculaires, obésité, diabète, cancer – et augmente la durée de vie. Mais les bénéfices de l’exercice sur la santé mentale sont moins bien connus. Nous faisons du sport pour « rester en forme », et nous comptons souvent sur les sorties à vélo, les séances de courses à pied ou de yoga pour nous changer les idées et évacuer le stress. Pour autant, considérons-nous l’exercice physique comme un traitement sérieux des maladies mentales, aussi efficace que les médicaments ou les séances chez le psychologue ou le psychiatre ? Des activités sportives régulières et durables permettent-elles vraiment d’atténuer certains troubles psychologiques ?

Oui, la science l’affirme pour les troubles dépressifs. Certes, l’exercice physique n’est pas un remède miracle, et peut même être futile dans les cas de dépression grave. Mais il représente bien plus qu’un leurre mental ou qu’un simple traitement palliatif pour la plupart des patients souffrant de dépression légère ou modérée. Ce serait même l’un des traitements les plus efficaces, les plus sûrs, les plus pratiques, les plus économiques et les plus agréables qui soient. Le psychologue clinicien James Blumenthal, de l’université Duke, en Caroline du Nord, le confirme : « Je crois profondément aux vertus de l’activité physique. Une majorité d’études rapporte que les bénéfices liés à l’exercice seraient aussi importants, voire plus élevés, que ceux des médicaments pour certains patients. » Le psychiatre Madhukar Trivedi, du centre médical Southwestern de l’université du Texas, qui étudie la relation entre le sport et les maladies mentales depuis plus de quinze ans, le confirme : « La bibliographie scientifique qui présente l’exercice comme un facteur de lutte contre les maladies mentales est longue et riche. Nous avons déjà évalué les doses d’activité nécessaires, les avons intégrées dans les traitements de substitution et avons analysé les marqueurs biologiques associés à la guérison. »

Les preuves scientifiques s’accumulent

Qu’est-ce que la dépression ? Cette maladie se caractérise par une humeur triste persistante et par une perte d’intérêt pour des activités généralement plaisantes, souvent accompagnées de périodes d’insomnie, de fatigue, d’un manque de concentration et d’une faible estime de soi . Selon l’Organisation mondiale de la santé (l’OMS), c’est l’une des principales causes de handicap et de mort dans le monde, avec quelque 350 millions d’individus concernés. En France, entre 2 et 3 millions de personnes sont touchées par un épisode dépressif chaque année. Seuls certains patients sollicitent l’aide d’un médecin, et parmi ceux-ci, un tiers seulement répond au traitement classique qui combine une prise en charge par un spécialiste et la consommation de médicaments. Si l’on ajoute à cela le fait que les antidépresseurs présentent de sérieux effets secondaires – troubles digestifs et cutanés, sédation importante… –, on comprend aisément pourquoi des patients se tournent vers des thérapies différentes, plus naturelles : le yoga, la phytothérapie, l’acupuncture, la méditation… et le sport.

Les psychologues et les cliniciens étudient l’intérêt du sport comme traitement alternatif de la dépression depuis plus de trente ans. James Blumenthal en a été l’un des précurseurs. Dans les années 1980, son équipe a analysé l’impact de l’exercice physique chez les patients atteints de pathologies cardiovasculaires et a identifié un bénéfice inattendu : l’amélioration de l’humeur et la diminution des symptômes dépressifs. Puis, dans l’une des premières études publiée en 1999, la même équipe a suivi pendant 16 semaines 156 hommes et femmes dépressifs, dont la prise en charge comprenait soit une activité physique régulière, soit la consommation d’antidépresseurs, soit les deux. Résultat : l’état de tous les patients était quasi identique à la fin de leur thérapie, mais le risque de rechute était plus faible pour ceux qui avaient fait du sport.

Dix ans plus tard, les chercheurs ont réparti 200 volontaires dépressifs dans quatre programmes : soit ils suivaient des activités sportives avec un « coach », soit ils pratiquaient des exercices à la maison, soit encore ils prenaient des antidépresseurs ou avalaient un placebo (sans molécule active). Les résultats ont montré que les patients engagés dans des exercices physiques supervisés par un entraîneur étaient en meilleure santé que ceux pratiquant chez eux, et qu’ils présentaient un taux de rémission comparable aux sujets traités par antidépresseurs : 45 % et 47 % respectivement. Les patients faisant du sport à la maison connaissaient une rémission dans 40 % des cas, contre seulement 31 % pour ceux ayant pris le placebo.

En 2015, des scientifiques suédois ont confirmé ces résultats. Ils ont demandé à 946 patients atteints de dépression légère ou modérée de suivre l’un des trois programmes de 12 semaines suivants : soit trois séances de yoga, d’activité physique ou d’entraînement musculaire par semaine ; soit une thérapie comportementale et cognitive (TCC) ; soit une prise en charge classique – consultations et antidépresseurs. Tous les patients se sont sentis mieux et ont vu leurs symptômes diminuer après leur traitement, mais ceux pratiquant des activités sportives ont obtenu de meilleurs résultats que les autres, suivis de près par les sujets traités par TCC et loin devant ceux ayant bénéficié d’une prise en charge standard.

 

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À ce jour, de nombreuses métaanalyses, explorant les résultats de plusieurs études scientifiques, ont été menées sur le sujet. Toutes ne convergent pas : certaines concluent à l’absence d’effets du sport, quand il est utilisé comme unique thérapie, d’autres à une faible amélioration ou à un avantage modéré à long terme. Mais la majorité s’accorde sur un point : ajouter de l’exercice physique à une prise en charge classique augmente le bénéfice pour les patients. En 2013, l’organisation non gouvernementale Cochrane, une référence en termes de publication médicale, a même révélé que l’exercice physique était aussi bénéfique pour les sujets dépressifs que la prise en charge standard.

C’est aussi la conclusion d’une nouvelle méta- analyse publiée en 2016. Une équipe internationale de chercheurs a analysé 25 des études les plus sérieuses sur ce sujet et montré que le sport, modéré à vigoureux, réalisé sous le contrôle d’un professionnel, représentait un traitement efficace contre la dépression. Dès lors, ils estiment que les résultats sont si probants que 1 000 nouvelles études aboutissant à des effets nuls d’une activité physique seraient aujourd’hui nécessaires pour invalider ces conclusions défendant les bienfaits du sport sur la santé mentale. Selon une autre analyse, pour le traitement des symptômes dépressifs, les taux de guérison seraient 67 à 74 % plus élevés en présence d’exercice physique.

Faut-il suer pour guérir ?

Mais quel type de sport est efficace ? À quelle intensité ? En 2005, Madhukar Trivedi, du centre médical Southwestern de l’université du Texas, et ses collègues ont suivi pendant trois mois la santé de 80 adultes atteints de dépression légère ou modérée engagés dans un programme de fitness régulier – trois à cinq fois par semaine – sur tapis de course ou sur vélo d’appartement. La moitié faisait du sport à faible intensité (7 kilocalories par kilogramme et par semaine), l’autre à plus forte intensité (17,5 kilocalories par kilogramme et par semaine). À la fin de l’étude, les adultes du programme intensif ont diminué leurs symptômes de 47 %, contre seulement 30 % pour ceux du programme à faible intensité et 29 % pour un groupe de patients ayant fait uniquement des activités de musculation (sans activité d’endurance cardiovasculaire).

Forts de ces résultats, des psychologues, des cliniciens ainsi que les autorités sanitaires sont allés jusqu’à publier quelques conseils spécifiques. Madhukar Trivedi prescrit chaque semaine 3 à 5 séances d’endurance, de 45 à 60 minutes (marche, course, vélo…), à une intensité de 50 à 85 % de sa fréquence cardiaque maximale. « L’idéal se situe sans doute autour de 16 kilocalories brûlées par kilogramme, soit 1 200 à 1 500 kilocalories par semaine pour un individu de poids moyen », précise Trivedi. « Si vous pouvez discuter avec votre conjoint au téléphone en même temps, c’est que vous ne travaillez pas à la bonne intensité. » De même, le psychologue de l’université Central Queensland, en Australie, Robert Stanton, recommande des séances d’endurance de 30 à 40 minutes, 3 à 4 fois par semaine, à faible intensité pendant au moins 9 semaines. Et l’Institut de santé américain prône un programme de sport collectif pour les patients atteints de dépression faible à modérée, comprenant au moins 3 séances de 45 minutes par semaine sur un minimum de 10 semaines.

Néanmoins, d’autres spécialistes pensent qu’il est trop tôt pour tirer des recommandations précises. En 2013, une étude a conclu que les exercices cardiovasculaires tout comme les exercices de résistance musculaire sont efficaces, séparément ou combinés, dans la lutte contre la dépression, mais que les données restent aujourd’hui insuffisantes pour mettre en avant une forme d’activité physique plutôt qu’une autre. « Quel exercice a le meilleur effet sur l’humeur ? Et à quelle intensité ? Est-il plus efficace pratiqué seul ou associé à un autre traitement ? Nul ne le sait encore », affirme le psychologue Michael Otto, de l’université de Boston, qui a étudié les bénéfices émotionnels et cognitifs de l’exercice physique. « Nous pouvons donner des conseils, mais nous avons encore besoin de données pour être plus spécifiques. »

La sédentarité nous rend dépressif

Autre constat : si l’exercice physique soigne la dépression, l’inactivité, à l’inverse, peut la provoquer. En 2014, une étude réalisée avec plus de 6 000 Anglais âgés a révélé que plus les participants regardaient la télévision, plus ils présentaient des symptômes dépressifs (ce qui n’est pas le cas pour d’autres activités sédentaires comme la lecture). Mais ceux qui participaient à des exercices physiques intenses au moins une fois par semaine étaient moins déprimés. De même, une autre enquête menée auprès de 5 000 étudiants chinois a montré que plus un jeune passait de temps devant la télévision ou un écran, plus il risquait de développer des signes de dépression. En revanche, ce risque chutait avec l’activité physique, quels que soient l’âge, le sexe ou le milieu social du jeune. Une métaanalyse rassemblant 24 études et près de 200 000 participants est arrivée à la même conclusion : la sédentarité augmente la probabilité de faire une dépression. En moyenne, les personnes actives physiquement ont 45 % de risques en moins de développer une dépression, comparées aux gens inactifs, selon l’Office américain de prévention des maladies et de promotion de la santé (ODPHP pour Office of disease prevention and health promotion).

Au-delà des fondements physiologiques, de nombreux facteurs sociaux et psychologiques aident à comprendre le rôle de l’exercice physique dans la diminution des symptômes dépressifs. Les patients qui ont dû lutter contre la maladie considèrent que le sport leur a fourni de l’énergie et un objectif à atteindre. Il a aussi amélioré leur estime de soi et leur humeur, a régulé leur appétit et leur sommeil, et les a distraits de leurs pensées négatives. Et pour ceux qui pratiquent en groupe, le sport permet de créer de nouveaux liens sociaux, de renouer avec les autres.

L’importance du facteur plaisir

D’abord, les patients doivent souvent apprendre à lutter contre le manque de motivation. Madhukar Trivedi explique : « Nous leur donnons des outils pour contrôler leurs progrès. Nous leur demandons de se connecter en ligne pour dialoguer avec nous. Si nous découvrons qu’un patient a manqué un jour d’exercice, nous travaillons avec lui sur le problème et nous nous assurons que le programme d’activité sera effectivement complété avant la fin de la semaine. » Jennifer Carter, directrice de la division Psychologie du sport au centre médical Wexner de l’université d’État de l’Ohio, aux États-Unis, propose quelques astuces , par exemple : « Sachant qu’une journée comprend 1 440 minutes, il doit être possible d’en réserver 30 pour l’exercice physique… »

La capacité de se motiver dépend surtout de la satisfaction et du niveau d’autonomie que les patients retirent de l’activité sportive. Michael Otto le précise : « Le plaisir est étroitement lié au niveau d’implication que les patients mettent dans l’exercice. J’aimerais qu’ils fassent ce qui est le plus amusant et le plus distrayant pour eux, peu importe ce que c’est. » Selon les scientifiques, l’activité physique représente un traitement efficace contre la dépression si le patient peut choisir le type de sport et son intensité. La plupart des sujets privilégient une intensité modérée, autour ou juste en dessous du premier seuil ventilatoire – au moment où la respiration devient plus difficile. En 2011, Patrick Callaghan, directeur du département des sciences de la santé à l’université de Nottingham, en Angleterre, et ses collègues ont invité 38 femmes atteintes de dépression à s’exercer sur un tapis de course en petits groupes, trois fois par semaine, soit à une intensité imposée, soit à une intensité choisie par la patiente. Après un mois, les participantes ayant déterminé elle-même l’intensité de leurs exercices physiques étaient moins dépressives et avaient une meilleure estime d’elles-mêmes que les femmes auxquelles on avait imposé l’intensité des activités.

À quand le remboursement des cours de sport ?

Malgré ces preuves scientifiques de plus en plus nombreuses, certains professionnels de la santé et du soin restent sceptiques. Selon Madhukar Trivedi, « il est encore difficile de considérer le sport comme un traitement à part entière des symptômes dépressifs – plutôt qu’un traitement additionnel, à l’instar d’un meilleur sommeil ou d’une alimentation plus équilibrée ». Et les abonnements à la salle de sport ne sont pas remboursés par la sécurité sociale ou les mutuelles… Pourtant, les antidépresseurs coûtent bien plus cher !

Les patients auraient aussi intérêt à voir les choses autrement. Pour Michael Otto, « les gens dépressifs ont des difficultés à considérer l’activité physique comme un traitement efficace. En général, nous faisons du sport quand tout va bien, pour nous pavaner sur la plage ou perdre du poids ». Nous n’avons pas conscience de l’importance de l’exercice physique sur notre équilibre mental : « Même si vous sentez cette envie prégnante de vous isoler et de ne rien faire, l’activité physique vous pousse à sortir. La dépression donne le sentiment que rien n’a de sens ni d’importance. C’est précisément ce que combat l’exercice. » Elizabeth Droge-Young, quant à elle, l’a bien compris, et semble désormais guérie.

Les accidents du travail repartent à la hausse, comme les lombalgies

Sur FranceInter  https://www.franceinter.fr/economie/les-accidents-du-travail-repartent-a-la-hausse-apres-70-ans-de-baisse

Après 70 ans de baisse grâce aux campagnes de sensibilisation dans le bâtiment, ce sont les accidents dans le secteur des services à la personne qui montent en flèche

Moins d'accident dans le BTP mais plus dans les services à la personne
Moins d’accident dans le BTP mais plus dans les services à la personne © Maxppp / Julio Pelaez

Ils sont encore à un niveau historiquement bas : 34 accidents du travail avec arrêt pour 1.000 salariés aujourd’hui, contre 120 dans les années 50. Mais pourtant les accidents du travail repartent à la hausse, selon le bilan annuel de la branche Accident du Travail/Maladie professionnelles que France Inter s’est procuré en avant-première.

Près de 625.000 accidents du travail en 2015 contre 621.000 en 2014. La hausse est minime certes, mais la Caisse nationale d’assurance maladie veut absolument éviter que la courbe s’inverse.

Si la pente est de nouveau ascendante c’est en raison notamment des nouveaux métiers liés au service à la personne

Jusque-là les métiers de l’industrie, de l’intérim ou du bâtiment étaient les plus touchés, avec par exemple une fréquence moyenne de 62 accidents pour 1.000 salariés dans le BTP. Désormais ce sont les accidents dans le secteur des services à la personne qui montent en flèche, avec une moyenne de 93 accidents pour 1.000 salariés.

En fait les secteurs traditionnels ont été sensibilisés, on ne compte plus le nombre de campagne pour éviter les accidents dans le bâtiment justement, alors qu’il est plus difficile de sensibiliser le secteur des services à la personne car nombre d’employeurs sont aussi des particuliers qui n’ont pas de structure et donc pas de lien direct avec l’assurance maladie. Mais dans un premier temps ce sont les services à la personne en hébergement que la CNAM va tenter de sensibiliser. Ce sera même une priorité l’année prochaine dans le secteur médico-social, celui des maisons de retraite notamment.

Les lombalgies liées au travail sont en augmentation

Sur 10 ans, la part des lombalgies dans les arrêts de travail est passée de 13 à 19% et là aussi, le secteur des soins à la personne est particulièrement concerné puisque, durant la même période, le nombre de lombalgies a augmenté de plus de 2.200 cas par an alors qu’il diminuait de 1.100 cas par an dans l’industrie.

Les lombalgies, un fléau dans le monde du travail
Les lombalgies, un fléau dans le monde du travail © Radio France / Valeria Emanuele