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Cirrhose : les sodas à l’origine du syndrome du « foie gras »

Par Lise Loumé sur SciencesetAvenir.fr  https://www.sciencesetavenir.fr/sante/cirrhose-les-sodas-a-l-origine-du-syndrome-du-foie-gras_29144

La consommation de boissons sucrées pourrait favoriser l’apparition de lésions irréversibles du foie. 12 % des personnes obèses seraient touchées.

Cirrhose : les sodas à l'origine de lésions du foie

La consommation de boissons sucrées peut provoquer des lésions du foie.

© RICHARD B. LEVINE/NEWSCOM/SIPA

 

Décidément, la consommation quotidienne de sodas n’est pas bonne pour la santé. Directement liée à l’épidémie d’obésité qui touche actuellement l’Europe et les États-Unis, elle est aussi à l’origine de lésions du foie, selon une étudepubliée dans le Journal of Hepatology et menée par des chercheurs de la Tufts University (États-Unis).

Un risque qui n’est pas associé à la consommation de sodas « light »

Les chercheurs ont demandé à 2.634 hommes et femmes de reporter leur consommation de boissons sucrées (avec ou sans caféine). Ils ont ainsi classé les participants selon trois catégories : les faibles consommateurs de sodas (1 soda de 33 mL par mois à moins d’1 par semaine), les consommateurs modérés (1 soda par semaine à moins d’une portion par jour), et les « grands » consommateurs (au moins 1 soda par jour). Puis ils ont examiné la quantité de gras présente dans le foie des participants à l’aide de la tomodensitométrie, une technique d’imagerie médicale. Verdict : les auteurs de l’étude se sont aperçus que les consommateurs quotidiens de sodas ont un risque accru de 55 % de développer une stéatose hépatique non alcoolique (SHNA), c’est-à-dire une accumulation de graisses appelées triglycérides dans les cellules du foie (voir encadré ci-dessous). Et peu importe le sexe, l’âge, l’indice de masse corporelle et le mode de vie des participants (comme la consommation d’alcool ou de tabac). Cependant, l’absorption fréquente de sodas  »light » n’augmente pas le risque de SHNA, selon cette étude.

SYNDROME DU « FOIE GRAS ». La stéatose hépatique non alcoolique (SHNA) est très souvent associée à la surcharge en poids et/ou au diabète de type 2, expliquel’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) sur son site internet. Cette maladie est le plus souvent asymptomatique, mais l’accumulation d’acides gras peut entraîner une réponse inflammatoire appelée stéatohépatite non alcoolique qui favorise l’apparition d’une cirrhose (inflammation chronique qui entraine la destruction des cellules hépatiques) et dans certains cas le développement d’un hépatocarcinome (tumeur du foie la plus fréquente). Aux États-Unis, près de 30 % de la population serait ainsi touchée par ce syndrome du « foie gras ». Une situation qui devrait empirer puisque d’ici 2030, puisque près de 50 % de la population mondiale pourrait souffrir de SHNA, estiment les scientifiques. En France, 12 % des personnes obèses sont concernées, ont estimé des médecins lors du Congrès d’hépatologie de Paris qui s’est tenu au Palais des congrès, les 30 et 31 janvier. 2017.

Le sport contre la dépression

Courir, nager, faire du vélo… Une activité physique, si elle est régulière, diminue les symptômes des personnes dépressives. Pour beaucoup de patients, ce serait même le traitement le plus efficace et le plus sain.

footing

  

Le 14 février 2014, jour de la Saint-Valentin, Elizabeth Droge-Young est admise à l’hôpital de Syracuse, dans l’état de New York. Depuis plus d’un an, elle se bat contre la dépression : elle mange peu, et mal, perd tout intérêt pour ses petits plaisirs d’avant – les films, les livres et la musique. Elle s’est progressivement éloignée de ses amis et manque régulièrement les cours de l’université où elle est inscrite en master de biologie évolutive. Depuis cet hiver, Elizabeth est parfois incapable de sortir de son lit, malgré l’action des antidépresseurs qu’elle a commencé à prendre à l’automne dernier. Dans les moments les plus sombres, des pensées obsessionnelles d’automutilation et de suicide lui traversent l’esprit. C’est alors qu’elle réalise qu’elle a sérieusement besoin d’être aidée.

Après une semaine et demie passée à l’hôpital de Syracuse, sous étroite surveillance pour éviter qu’elle ne se suicide pas, et traitée par un sérieux cocktail de médicaments, Elizabeth rentre chez elle, dispensée de cours jusqu’à la fin de l’année. Un temps, elle semble aller mieux. Mais quand elle retourne à l’université à la rentrée, sa tristesse incontrôlée et ses pulsions morbides refont surface. Cette fois, on l’oriente vers l’hôpital de Saratoga Springs, à deux heures et demie de route de chez elle, où les médecins lui proposent une prise en charge plus globale. En plus des médicaments et des consultations psychologiques, ceux-ci lui prescrivent des activités quotidiennes : de l’art créatif et des marches à pied en plein air. Pendant son séjour, un thérapeute lui conseille également de pratiquer une autre activité physique. À sa sortie, Elizabeth commence à fréquenter les salles de sport, trois à cinq fois par semaine, pour marcher ou courir sur les tapis de course, lever des haltères ou suivre les très populaires cours de Zumba.

« C’était très ressourçant », confie Elizabeth qui, à 33 ans, est aujourd’hui journaliste scientifique free-lance à Providence, la capitale de l’État de Rhode Island. « Cela a eu un effet très positif sur mon humeur. C’est comme si l’exercice permettait de reconnecter l’esprit et le corps. Ça a quelque chose de magique. Lever des poids ou courir demande de poser un regard sur soi : “Tu vois à quel point tu es solide et endurante ? Il y a du positif en toi.” Et danser me procurait une sensation de joie – les mouvements s’enchaînaient avec une certaine liberté et un réel bien-être. » Elizabeth n’a alors jamais plus été hospitalisée. La danse, le vélo… sont, pour elle, des composantes essentielles de son traitement.

Reconnecter l’esprit et le corps

Depuis longtemps, on sait que l’exercice est bon pour la santé physique. Des dizaines d’années de recherche ont montré qu’une activité sportive régulière diminue le risque de développer de nombreuses maladies – pathologies cardiovasculaires, obésité, diabète, cancer – et augmente la durée de vie. Mais les bénéfices de l’exercice sur la santé mentale sont moins bien connus. Nous faisons du sport pour « rester en forme », et nous comptons souvent sur les sorties à vélo, les séances de courses à pied ou de yoga pour nous changer les idées et évacuer le stress. Pour autant, considérons-nous l’exercice physique comme un traitement sérieux des maladies mentales, aussi efficace que les médicaments ou les séances chez le psychologue ou le psychiatre ? Des activités sportives régulières et durables permettent-elles vraiment d’atténuer certains troubles psychologiques ?

Oui, la science l’affirme pour les troubles dépressifs. Certes, l’exercice physique n’est pas un remède miracle, et peut même être futile dans les cas de dépression grave. Mais il représente bien plus qu’un leurre mental ou qu’un simple traitement palliatif pour la plupart des patients souffrant de dépression légère ou modérée. Ce serait même l’un des traitements les plus efficaces, les plus sûrs, les plus pratiques, les plus économiques et les plus agréables qui soient. Le psychologue clinicien James Blumenthal, de l’université Duke, en Caroline du Nord, le confirme : « Je crois profondément aux vertus de l’activité physique. Une majorité d’études rapporte que les bénéfices liés à l’exercice seraient aussi importants, voire plus élevés, que ceux des médicaments pour certains patients. » Le psychiatre Madhukar Trivedi, du centre médical Southwestern de l’université du Texas, qui étudie la relation entre le sport et les maladies mentales depuis plus de quinze ans, le confirme : « La bibliographie scientifique qui présente l’exercice comme un facteur de lutte contre les maladies mentales est longue et riche. Nous avons déjà évalué les doses d’activité nécessaires, les avons intégrées dans les traitements de substitution et avons analysé les marqueurs biologiques associés à la guérison. »

Les preuves scientifiques s’accumulent

Qu’est-ce que la dépression ? Cette maladie se caractérise par une humeur triste persistante et par une perte d’intérêt pour des activités généralement plaisantes, souvent accompagnées de périodes d’insomnie, de fatigue, d’un manque de concentration et d’une faible estime de soi . Selon l’Organisation mondiale de la santé (l’OMS), c’est l’une des principales causes de handicap et de mort dans le monde, avec quelque 350 millions d’individus concernés. En France, entre 2 et 3 millions de personnes sont touchées par un épisode dépressif chaque année. Seuls certains patients sollicitent l’aide d’un médecin, et parmi ceux-ci, un tiers seulement répond au traitement classique qui combine une prise en charge par un spécialiste et la consommation de médicaments. Si l’on ajoute à cela le fait que les antidépresseurs présentent de sérieux effets secondaires – troubles digestifs et cutanés, sédation importante… –, on comprend aisément pourquoi des patients se tournent vers des thérapies différentes, plus naturelles : le yoga, la phytothérapie, l’acupuncture, la méditation… et le sport.

Les psychologues et les cliniciens étudient l’intérêt du sport comme traitement alternatif de la dépression depuis plus de trente ans. James Blumenthal en a été l’un des précurseurs. Dans les années 1980, son équipe a analysé l’impact de l’exercice physique chez les patients atteints de pathologies cardiovasculaires et a identifié un bénéfice inattendu : l’amélioration de l’humeur et la diminution des symptômes dépressifs. Puis, dans l’une des premières études publiée en 1999, la même équipe a suivi pendant 16 semaines 156 hommes et femmes dépressifs, dont la prise en charge comprenait soit une activité physique régulière, soit la consommation d’antidépresseurs, soit les deux. Résultat : l’état de tous les patients était quasi identique à la fin de leur thérapie, mais le risque de rechute était plus faible pour ceux qui avaient fait du sport.

Dix ans plus tard, les chercheurs ont réparti 200 volontaires dépressifs dans quatre programmes : soit ils suivaient des activités sportives avec un « coach », soit ils pratiquaient des exercices à la maison, soit encore ils prenaient des antidépresseurs ou avalaient un placebo (sans molécule active). Les résultats ont montré que les patients engagés dans des exercices physiques supervisés par un entraîneur étaient en meilleure santé que ceux pratiquant chez eux, et qu’ils présentaient un taux de rémission comparable aux sujets traités par antidépresseurs : 45 % et 47 % respectivement. Les patients faisant du sport à la maison connaissaient une rémission dans 40 % des cas, contre seulement 31 % pour ceux ayant pris le placebo.

En 2015, des scientifiques suédois ont confirmé ces résultats. Ils ont demandé à 946 patients atteints de dépression légère ou modérée de suivre l’un des trois programmes de 12 semaines suivants : soit trois séances de yoga, d’activité physique ou d’entraînement musculaire par semaine ; soit une thérapie comportementale et cognitive (TCC) ; soit une prise en charge classique – consultations et antidépresseurs. Tous les patients se sont sentis mieux et ont vu leurs symptômes diminuer après leur traitement, mais ceux pratiquant des activités sportives ont obtenu de meilleurs résultats que les autres, suivis de près par les sujets traités par TCC et loin devant ceux ayant bénéficié d’une prise en charge standard.

 

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À ce jour, de nombreuses métaanalyses, explorant les résultats de plusieurs études scientifiques, ont été menées sur le sujet. Toutes ne convergent pas : certaines concluent à l’absence d’effets du sport, quand il est utilisé comme unique thérapie, d’autres à une faible amélioration ou à un avantage modéré à long terme. Mais la majorité s’accorde sur un point : ajouter de l’exercice physique à une prise en charge classique augmente le bénéfice pour les patients. En 2013, l’organisation non gouvernementale Cochrane, une référence en termes de publication médicale, a même révélé que l’exercice physique était aussi bénéfique pour les sujets dépressifs que la prise en charge standard.

C’est aussi la conclusion d’une nouvelle méta- analyse publiée en 2016. Une équipe internationale de chercheurs a analysé 25 des études les plus sérieuses sur ce sujet et montré que le sport, modéré à vigoureux, réalisé sous le contrôle d’un professionnel, représentait un traitement efficace contre la dépression. Dès lors, ils estiment que les résultats sont si probants que 1 000 nouvelles études aboutissant à des effets nuls d’une activité physique seraient aujourd’hui nécessaires pour invalider ces conclusions défendant les bienfaits du sport sur la santé mentale. Selon une autre analyse, pour le traitement des symptômes dépressifs, les taux de guérison seraient 67 à 74 % plus élevés en présence d’exercice physique.

Faut-il suer pour guérir ?

Mais quel type de sport est efficace ? À quelle intensité ? En 2005, Madhukar Trivedi, du centre médical Southwestern de l’université du Texas, et ses collègues ont suivi pendant trois mois la santé de 80 adultes atteints de dépression légère ou modérée engagés dans un programme de fitness régulier – trois à cinq fois par semaine – sur tapis de course ou sur vélo d’appartement. La moitié faisait du sport à faible intensité (7 kilocalories par kilogramme et par semaine), l’autre à plus forte intensité (17,5 kilocalories par kilogramme et par semaine). À la fin de l’étude, les adultes du programme intensif ont diminué leurs symptômes de 47 %, contre seulement 30 % pour ceux du programme à faible intensité et 29 % pour un groupe de patients ayant fait uniquement des activités de musculation (sans activité d’endurance cardiovasculaire).

Forts de ces résultats, des psychologues, des cliniciens ainsi que les autorités sanitaires sont allés jusqu’à publier quelques conseils spécifiques. Madhukar Trivedi prescrit chaque semaine 3 à 5 séances d’endurance, de 45 à 60 minutes (marche, course, vélo…), à une intensité de 50 à 85 % de sa fréquence cardiaque maximale. « L’idéal se situe sans doute autour de 16 kilocalories brûlées par kilogramme, soit 1 200 à 1 500 kilocalories par semaine pour un individu de poids moyen », précise Trivedi. « Si vous pouvez discuter avec votre conjoint au téléphone en même temps, c’est que vous ne travaillez pas à la bonne intensité. » De même, le psychologue de l’université Central Queensland, en Australie, Robert Stanton, recommande des séances d’endurance de 30 à 40 minutes, 3 à 4 fois par semaine, à faible intensité pendant au moins 9 semaines. Et l’Institut de santé américain prône un programme de sport collectif pour les patients atteints de dépression faible à modérée, comprenant au moins 3 séances de 45 minutes par semaine sur un minimum de 10 semaines.

Néanmoins, d’autres spécialistes pensent qu’il est trop tôt pour tirer des recommandations précises. En 2013, une étude a conclu que les exercices cardiovasculaires tout comme les exercices de résistance musculaire sont efficaces, séparément ou combinés, dans la lutte contre la dépression, mais que les données restent aujourd’hui insuffisantes pour mettre en avant une forme d’activité physique plutôt qu’une autre. « Quel exercice a le meilleur effet sur l’humeur ? Et à quelle intensité ? Est-il plus efficace pratiqué seul ou associé à un autre traitement ? Nul ne le sait encore », affirme le psychologue Michael Otto, de l’université de Boston, qui a étudié les bénéfices émotionnels et cognitifs de l’exercice physique. « Nous pouvons donner des conseils, mais nous avons encore besoin de données pour être plus spécifiques. »

La sédentarité nous rend dépressif

Autre constat : si l’exercice physique soigne la dépression, l’inactivité, à l’inverse, peut la provoquer. En 2014, une étude réalisée avec plus de 6 000 Anglais âgés a révélé que plus les participants regardaient la télévision, plus ils présentaient des symptômes dépressifs (ce qui n’est pas le cas pour d’autres activités sédentaires comme la lecture). Mais ceux qui participaient à des exercices physiques intenses au moins une fois par semaine étaient moins déprimés. De même, une autre enquête menée auprès de 5 000 étudiants chinois a montré que plus un jeune passait de temps devant la télévision ou un écran, plus il risquait de développer des signes de dépression. En revanche, ce risque chutait avec l’activité physique, quels que soient l’âge, le sexe ou le milieu social du jeune. Une métaanalyse rassemblant 24 études et près de 200 000 participants est arrivée à la même conclusion : la sédentarité augmente la probabilité de faire une dépression. En moyenne, les personnes actives physiquement ont 45 % de risques en moins de développer une dépression, comparées aux gens inactifs, selon l’Office américain de prévention des maladies et de promotion de la santé (ODPHP pour Office of disease prevention and health promotion).

Au-delà des fondements physiologiques, de nombreux facteurs sociaux et psychologiques aident à comprendre le rôle de l’exercice physique dans la diminution des symptômes dépressifs. Les patients qui ont dû lutter contre la maladie considèrent que le sport leur a fourni de l’énergie et un objectif à atteindre. Il a aussi amélioré leur estime de soi et leur humeur, a régulé leur appétit et leur sommeil, et les a distraits de leurs pensées négatives. Et pour ceux qui pratiquent en groupe, le sport permet de créer de nouveaux liens sociaux, de renouer avec les autres.

L’importance du facteur plaisir

D’abord, les patients doivent souvent apprendre à lutter contre le manque de motivation. Madhukar Trivedi explique : « Nous leur donnons des outils pour contrôler leurs progrès. Nous leur demandons de se connecter en ligne pour dialoguer avec nous. Si nous découvrons qu’un patient a manqué un jour d’exercice, nous travaillons avec lui sur le problème et nous nous assurons que le programme d’activité sera effectivement complété avant la fin de la semaine. » Jennifer Carter, directrice de la division Psychologie du sport au centre médical Wexner de l’université d’État de l’Ohio, aux États-Unis, propose quelques astuces , par exemple : « Sachant qu’une journée comprend 1 440 minutes, il doit être possible d’en réserver 30 pour l’exercice physique… »

La capacité de se motiver dépend surtout de la satisfaction et du niveau d’autonomie que les patients retirent de l’activité sportive. Michael Otto le précise : « Le plaisir est étroitement lié au niveau d’implication que les patients mettent dans l’exercice. J’aimerais qu’ils fassent ce qui est le plus amusant et le plus distrayant pour eux, peu importe ce que c’est. » Selon les scientifiques, l’activité physique représente un traitement efficace contre la dépression si le patient peut choisir le type de sport et son intensité. La plupart des sujets privilégient une intensité modérée, autour ou juste en dessous du premier seuil ventilatoire – au moment où la respiration devient plus difficile. En 2011, Patrick Callaghan, directeur du département des sciences de la santé à l’université de Nottingham, en Angleterre, et ses collègues ont invité 38 femmes atteintes de dépression à s’exercer sur un tapis de course en petits groupes, trois fois par semaine, soit à une intensité imposée, soit à une intensité choisie par la patiente. Après un mois, les participantes ayant déterminé elle-même l’intensité de leurs exercices physiques étaient moins dépressives et avaient une meilleure estime d’elles-mêmes que les femmes auxquelles on avait imposé l’intensité des activités.

À quand le remboursement des cours de sport ?

Malgré ces preuves scientifiques de plus en plus nombreuses, certains professionnels de la santé et du soin restent sceptiques. Selon Madhukar Trivedi, « il est encore difficile de considérer le sport comme un traitement à part entière des symptômes dépressifs – plutôt qu’un traitement additionnel, à l’instar d’un meilleur sommeil ou d’une alimentation plus équilibrée ». Et les abonnements à la salle de sport ne sont pas remboursés par la sécurité sociale ou les mutuelles… Pourtant, les antidépresseurs coûtent bien plus cher !

Les patients auraient aussi intérêt à voir les choses autrement. Pour Michael Otto, « les gens dépressifs ont des difficultés à considérer l’activité physique comme un traitement efficace. En général, nous faisons du sport quand tout va bien, pour nous pavaner sur la plage ou perdre du poids ». Nous n’avons pas conscience de l’importance de l’exercice physique sur notre équilibre mental : « Même si vous sentez cette envie prégnante de vous isoler et de ne rien faire, l’activité physique vous pousse à sortir. La dépression donne le sentiment que rien n’a de sens ni d’importance. C’est précisément ce que combat l’exercice. » Elizabeth Droge-Young, quant à elle, l’a bien compris, et semble désormais guérie.

Les accidents du travail repartent à la hausse, comme les lombalgies

Sur FranceInter  https://www.franceinter.fr/economie/les-accidents-du-travail-repartent-a-la-hausse-apres-70-ans-de-baisse

Après 70 ans de baisse grâce aux campagnes de sensibilisation dans le bâtiment, ce sont les accidents dans le secteur des services à la personne qui montent en flèche

Moins d'accident dans le BTP mais plus dans les services à la personne
Moins d’accident dans le BTP mais plus dans les services à la personne © Maxppp / Julio Pelaez

Ils sont encore à un niveau historiquement bas : 34 accidents du travail avec arrêt pour 1.000 salariés aujourd’hui, contre 120 dans les années 50. Mais pourtant les accidents du travail repartent à la hausse, selon le bilan annuel de la branche Accident du Travail/Maladie professionnelles que France Inter s’est procuré en avant-première.

Près de 625.000 accidents du travail en 2015 contre 621.000 en 2014. La hausse est minime certes, mais la Caisse nationale d’assurance maladie veut absolument éviter que la courbe s’inverse.

Si la pente est de nouveau ascendante c’est en raison notamment des nouveaux métiers liés au service à la personne

Jusque-là les métiers de l’industrie, de l’intérim ou du bâtiment étaient les plus touchés, avec par exemple une fréquence moyenne de 62 accidents pour 1.000 salariés dans le BTP. Désormais ce sont les accidents dans le secteur des services à la personne qui montent en flèche, avec une moyenne de 93 accidents pour 1.000 salariés.

En fait les secteurs traditionnels ont été sensibilisés, on ne compte plus le nombre de campagne pour éviter les accidents dans le bâtiment justement, alors qu’il est plus difficile de sensibiliser le secteur des services à la personne car nombre d’employeurs sont aussi des particuliers qui n’ont pas de structure et donc pas de lien direct avec l’assurance maladie. Mais dans un premier temps ce sont les services à la personne en hébergement que la CNAM va tenter de sensibiliser. Ce sera même une priorité l’année prochaine dans le secteur médico-social, celui des maisons de retraite notamment.

Les lombalgies liées au travail sont en augmentation

Sur 10 ans, la part des lombalgies dans les arrêts de travail est passée de 13 à 19% et là aussi, le secteur des soins à la personne est particulièrement concerné puisque, durant la même période, le nombre de lombalgies a augmenté de plus de 2.200 cas par an alors qu’il diminuait de 1.100 cas par an dans l’industrie.

Les lombalgies, un fléau dans le monde du travail
Les lombalgies, un fléau dans le monde du travail © Radio France / Valeria Emanuele

Tendinite : définition, symptômes, traitements

par Lise Loumé sur sciences et avenir http://www.sciencesetavenir.fr/sante/os-et-muscles/20160623.OBS3236/tendinite-definition-symptomes-traitements.html

Signe d’une inflammation des tendons, la tendinite peut provoquer des douleurs intenses et gêner des gestes de la vie quotidienne.

Sportive souffrant d'une tendinite. © Diane Bondareff/AP/SIPA

Qu’est-ce que c’est ?

La tendinite est une inflammation des tendons, la partie terminale des muscles à l’endroit où ils s’attachent aux os. Tous les tendons peuvent être à l’origine de tendinites, mais la plus fréquente est celle de l’épaule (on parle de « tendinite du sus-épineux »). Le poignet, le coude, la cheville, la cuisse, le genou, le talon (tendinite du fascia lata, encore nommée « talalgie », dont a été victime Zlatan Ibrahimovic en 2014) sont aussi concernés. Il est important de ne pas confondre « tendinite » et « tendinopathie » : dans le langage courant, le terme de tendinite est abusivement employé pour désigner toutes les tendinopathies (douleurs au tendon), mais en réalité, des dernières regroupent à la fois les tendinites (d’origine inflammatoire), mais aussi d’autres douleurs au tendon comme les tendinoses (dégénérescences du collagène du tendon d’origine non inflammatoire).

Quelles sont les causes d’une tendinite ?

Les causes d’une tendinite sont variables. Le plus souvent, la douleur s’installe progressivement en raison de la répétition d’un mouvement ou de la sollicitation excessive du tendon. Ainsi, le plus souvent, la tendinite est liée à une activité sportive, du bricolage ou à une profession (les travailleurs à la chaîne et les musiciens sont particulièrement touchés). Une mauvaise position ou une chute peuvent également être à l’origine d’une tendinite. Même si certains sportifs sont particulièrement prédisposés aux inflammations du tendon du fait de leur morphologie (plante des pieds tournée vers l’extérieur ou vers l’intérieur, angle de rotation des chevilles trop important, etc.), la plupart des tendinites d’origine sportive sont dues à des « erreurs », telles qu’un entraînement excessif ou un échauffement insuffisant.

Quels sont les symptômes ?

Les signes et symptômes d’une tendinite comprennent généralement :
- Une douleur à la mobilisation de l’articulation concernée ainsi qu’au repos. La peau située à cet endroit est, dans certains cas, rouge et chaude au toucher.
- Une perte de la mobilité du membre affecté par la tendinite.
- Un léger gonflement dû à l’inflammation créée par la tendinite.

Que faire et quand consulter ?

La plupart des cas de tendinite peuvent être résolus avec du repos. Le froid calmant la douleur et atténuant l’inflammation, l’on peut également appliquer une poche de glace sur la zone concernée deux ou trois fois par jour pendant vingt minutes. Il est conseillé de consulter un médecin si la douleur est très forte ou si elle persiste au-delà d’une semaine. Il prescrit généralement des antalgiques (aspirine ou ibuprofène) ou des anti-inflammatoires, mais peut également réaliser une injection de corticostéroïdes à proximité du tendon douloureux. Sans traitement approprié, une tendinite peut augmenter le risque de subir une rupture du tendon, une situation beaucoup plus grave qu’une simple tendinite et qui peut nécessiter une intervention chirurgicale.

Les sportifs de haut niveau bénéficient souvent de traitements supplémentaires pour traiter les tendons douloureux, comme l’électrothérapie, qui consiste à utiliser un faible courant à haute fréquence pour aider les muscles du tendon à se réparer. Un traitement par ondes de choc peut également leur être proposé : des ondes de haute pression sont émises par une source électromagnétique sur la zone douloureuse, afin de créer des micro-lésions sur la partie abîmée du tendon. La méthode peut paraître surprenante mais elle permet une vascularisation de la zone traitée qui cicatrise ainsi plus rapidement.

Comment prévenir la tendinite ?

Avant une activité sportive, il est important de bien s’échauffer. Pour être efficace, un échauffement doit suivre quelques règles de base : durer au moins dix minutes, comporter un temps de course, mais aussi des étirements et des assouplissements généraux pour préparer les muscles et les articulations à l’effort et aux contraintes. Il est également important de bien s’hydrater au cours d’un effort physique, et de faire régulièrement des pauses pour ne pas trop solliciter les tendons. D’autre part, certaines chaussures qui ne soutiennent pas assez le talon, comme les Crocs, favorisent les tendinites : il est donc déconseillé d’en porter quotidiennement. Et trop jouer à la console peut également provoquer la nintendinitis…

PORTER DES CROCS AU QUOTIDIEN EST MAUVAIS POUR LA SANTE DE PIEDS!

Lors de nos formations de prévention des TMS, nous insistons sur l’importance d’avoir de bonnes chaussures au travail (surtout si on travaille debout comme dans les services hospitaliers…). Cette article de Sciences et avenir le rappelle…

Par Lise Loumé pour sciences et avenir

La Journée nationale de la santé du pied, le 9 juin, est l’occasion pour les podologues de rappeler que porter quotidiennement des Crocs, ces sabots en plastique de couleur vive, est une mauvaise idée.

90 pays ont succombé à la mode des Crocs, ces sabots aux qualités anti-microbiennes et anti-transpirantes. © LE FLOCH PASCAL/TRAVERS ERIC/SIP 90 pays ont succombé à la mode des Crocs, ces sabots aux qualités anti-microbiennes et anti-transpirantes. © LE FLOCH PASCAL/TRAVERS ERIC/SIP

Le 9 juin 2016, l’Union Française pour la Santé du Pied organise une journée de sensibilisation et de prévention destinée au grand public : des podologues prodiguent des conseils et des diagnostics gratuits dans de nombreux sites publics, partout en France. Simultanément, aux États-Unis, des podologues lancent une alerte contre le port quotidien des Crocs, ces sabots aux couleurs vives, qui se sont vendues à plus de 300 millions d’exemplaires dans 90 pays depuis leur lancement en 2002. Ces chaussures entraînent un risque de douleurs articulaires et de déformations au niveau des pieds.

Un risque de tendinite et de déformation d’orteils

Made in USA, les Crocs sont faites en matière plastique (une mousse d’éthylène-acétate de vinyle) et sont originellement conçues pour être portées à la plage ou au bord d’une piscine. Confortables, légères et faciles à laver, elles sont également devenues incontournables dans le milieu hospitalier, surtout auprès des infirmières.

Mais selon deux podologues américains, ces chaussures martyrisent nos pieds si elles sont portées quotidiennement, préviennent-ils dans les colonnes du Huffington Post« Malheureusement, elles ne sont pas faites pour être portées toute une journée, met en garde le Dr Megan Leahy, podologue basée à Chicago. Elles « ne soutiennent pas assez le talon. Quand celui-ci est instable, les orteils ont tendance à se recroqueviller pour retenir la chaussure, ce qui ce peut provoquer des tendinites (ndlr : ces inflammations des tendons qui surviennent lorsque ceux-ci ont été trop et/ou mal sollicités). À ces problèmes d’articulations s’ajoutent des risques de « déformation d’orteils, de problème d’ongles, des cors ou des callosités, la même chose peut se produire avec le port excessif de tongs », ajoute la spécialiste. Bien sûr, même s’il ne faut pas les porter 8 à 10 heures par jour, les Crocs ne sont pas déconseillées par les podologues pour un port occasionnel à la plage ou à la piscine. « Les deux seuls types de patients qui pourraient bénéficier du port quotidien de ces chaussures sont ceux qui ont le voûte plantaire très élevée ou ceux qui souffrent d’œdème excessif de leurs jambes ou leurs chevilles », précise au Huffington Post le Dr Alex Kor, président de l’Académie américaine de podologie.

Plusieurs pays, comme les États-Unis, la Grande-Bretagne, le Canada, la Suède et l’Autriche, ont interdit depuis 2011 le port de ces chaussures des hôpitaux non pas pour des raisons de santé du pied, mais de sécurité : les Crocs ne seraient pas assez solides pour protéger le pied d’instruments pointus comme les seringues ou les aiguilles qui pourraient traîner par terre…

 

http://www.sciencesetavenir.fr/sante/os-et-muscles/20160609.OBS2196/porter-des-crocs-au-quotidien-est-mauvais-pour-la-sante-des-pieds.html

 

Méditation et yoga font leur preuve dans la lombalgie chronique

Par Damien Coulomb sur Lequotidiendumedecin.fr

Les facteurs psychologiques peuvent occuper une place importante dans les lombalgies chroniques. Plusieurs approches non médicamenteuses sont envisagées par les spécialistes de la douleur mais, jusqu’à présent, seules les thérapies cognitivo-comportementales avaient été correctement évaluées. Une seule étude importante, publiée dans le « JAMA Internal Medicine », avait montré l’intérêt de la méditation pour réduire la gêne causée par la lombalgie, et uniquement chez les personnes âgées.

Or, « l’accès aux thérapies cognitivo-comportementales est limité pour beaucoup de patients, contrairement aux techniques de relaxation et au yoga qui sont de plus en plus populaires », notent le Dr Daniel Cherkin, de l’institut de recherche médical de Seattle, et ses collègues dans un article paru dans le « JAMA » qui compare l’efficacité de la méditation, des thérapies cognitivocomportementales et celle de la prise en charge classique.

 

2 heures de cours par semaine pendant 8 semaines

Ils ont recruté 342 adultes âgés de 20 à 70 ans, dont 116 ont bénéficié d’une formation à la médication et de cours de yoga, 113 ont bénéficié d’une thérapie cognitivo-comportementale et 113 ont constitué un groupe témoin de patients bénéficiant de leur suivi médical habituel. Les participants se plaignaient de lombalgies depuis plus de 7 ans en moyenne.

Les patients du groupe « méditation » se sont vu prescrire 2 heures de formation hebdomadaire de groupe pendant 8 semaines, complétées par des CD et des manuels d’instruction à emporter chez soi. Les séances de thérapie cognitivo-comportementale étaient assurées par 4 psychologues.

Un questionnaire était rempli par les participants au bout de 4, 8, 26 et 52 semaines. Au bout de six mois, le pourcentage de patients constatant une amélioration clinique significative était statistiquement plus important dans le groupe sous thérapie comportementale (57,7 %) et dans le groupe relaxation (60,5 %) que dans le groupe témoin (44,1 %). Il n’y avait, en revanche, pas de différence significative entre les bénéfices de la relaxation et ceux de la thérapie cognitivo-comportementale.

La gêne associée aux douleurs a été considérée comme significativement réduite par 43,6 % des pratiquants de la relaxation et du yoga, contre 44,9 % de ceux du groupe sous thérapie cognitivo-comportementale et seulement 26,6 % du groupe sous traitement standard. Dans le questionnaire distribué aux patients, cette gêne se traduisait principalement par de limitations fonctionnelles induites par les douleurs chroniques.

 

Pas d’effet sur la dépression

Ces résultats restent les même après un an de suivi, précisent les auteurs qui soulignent que « ces données sont d’autant plus remarquables que seulement la moitié des patients des groupes relaxation et thérapies cognitivo-comportementales ont suivi l’intégralité des séances prévues ».

« Ces résultats suggèrent que les techniques de méditations constituent une option de traitement dans le traitement des douleurs de dos », concluent les auteurs. Un bémol cependant : la fréquence de dépression et d’anxiété significativement réduite à 24 semaines n’était pas différente d’un groupe à l’autre au bout d’un an.

Source : Lequotidiendumedecin.fr

http://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2016/03/24/meditation-et-yoga-font-leur-preuve-dans-la-lombalgie-chronique_802516?ecmp=NL_derniereheure_20160324&nlToken=4wHbnd9ltyqZ2pcWc1jRzNZp9s0rFAI5eCaXdcrcC43ZT7JROxYRRLJ2d67jzU3TdQTIuxJCVCACAA%3D%3D&utm_content=buffer49c48&utm_medium=social&utm_source=twitter.com&utm_campaign=buffer

La tension au travail et le manque de reconnaissance, des risques pour la santé des salariés

par Timour Aggiouri sur dossierfamilial.com

Une étude détaille les causes des risques psychosociaux, susceptibles de dégrader la santé des travailleurs. Les employeurs ont une responsabilité dans leur prévention.

Une enquête publiée mardi 19 janvier par la Direction de l’animation, de la recherche, des études et des statistiques (Dares) permet de déterminer les causes des risques psychosociaux, susceptibles de dégrader la santé des salariés, en particulier la tension au travail et le manque de reconnaissance professionnelle.

Plus les salariés s’exposent à ces risques, plus ils sont susceptibles « de présenter des symptômes dépressifs et anxieux », remarque cette administration du ministère du Travail, qui s’appuie sur des données recueillies en 2010.

Exemples

Selon l’enquête, « les employés administratifs, les ouvriers non qualifiés et les employés de commerce et de service sont plus souvent en situation d’être ‘‘tendus’’ ».

Au contraire, les cadres, « notamment les ingénieurs et les cadres techniques de l’industrie, sont soumis à une forte exigence au travail, donc au stress, mais bénéficient davantage de marges de manœuvre pour y répondre ».

L’impossibilité de mener toutes ses tâches à bien contribue au stress. « Les salariés qui déclarent ne pas avoir assez de moyens matériels, d’informations ou de coopération avec leurs collègues pour ‘‘faire correctement leur travail’’ ont une probabilité plus forte d’être tendus », explique la Dares.

Pour les salariés qui doivent remplir des objectifs chiffrés précis, le « risque de tension au travail et de manque de reconnaissance » est particulièrement fort.

Un état de santé altéré pour 20 % des salariées

Les « salariés les plus exposés aux risques psychosociaux signalent une santé mentale et physique dégradée ». 20 % des femmes déclarent un état de santé altérée, contre 16 % des hommes.

Les directions des entreprises ont un rôle à jouer dans la prévention. L’article L. 4121-1 du Code du travail oblige les employeurs à prendre « les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs ».

La justice poursuit d’ailleurs d’anciens dirigeants de France Telecom (ex-Orange), après la vague de suicides de salariés du groupe, qui a mis en lumière les conséquences tragiques des méthodes de management et des réorganisations imposées dans certaines entreprises.

http://www.dossierfamilial.com/emploi/conditions-de-travail/la-tension-au-travail-et-le-manque-de-reconnaissance-des-risques-pour-la-sante-des-salaries-83466

 

Matthieu Ricard: « Les professionnels de la santé devraient cultiver l’altruisme »

L’altruisme pourrait régénérer la pratique de la médecine. C’est l’avis du docteur en génétique cellulaire, moine bouddhiste et interprète français du Dalai-Lama.

Personnalité hors du commun, Matthieu Ricard propose avec son dernier livre, Plaidoyer pour l’altruisme, l’aboutissement d’années de réflexions menées avec des scientifiques, philosophes et économistes. Face aux crises actuelles, tant dans le domaine financier que social et écologique, le docteur en génétique cellulaire nous convie à une nouvelle manière de penser: chacun de nous peut – et gagnerait à – cultiver l’amour altruiste.

 

IN VIVO Dans votre ouvrage, vous dites que «l’altruisme n’est pas un luxe, mais une nécessité.» Faudrait-il favoriser l’entraînement à l’altruisme?

Matthieu Ricard Il semblerait logique de former à l’amour altruiste et à la compassion ceux dont le métier consiste à s’occuper quotidiennement de personnes qui souffrent. Une telle formation aiderait également les proches, parents, enfants, conjoints, qui prennent soin de personnes malades ou handicapées.

IV Pensez-vous que les soignants et les médecins ne sont pas suffisamment altruistes?

MR J’ai discuté avec une infirmière qui, comme la plupart de ses collègues, est continuellement confrontée aux souffrances et aux problèmes des patients dont elle s’occupe. Elle me disait que, dans les nouvelles formations de personnel soignant où elle pratique, l’accent est mis sur la «nécessité de garder une distance émotionnelle vis-à-vis des malades» pour éviter le fameux burn-out. Elle m’a ensuite confié: «C’est curieux, j’ai l’impression de gagner quelque chose lorsque je m’occupe de ceux qui souffrent, mais lorsque je parle de ce «gain» à mes collègues, je me sens un peu coupable de ressentir quelque chose de positif.» Contrairement à la détresse empathique, l’amour et la compassion sont des états d’esprit positifs, qui renforcent la capacité intérieure à faire face à la souffrance d’autrui.

IV Qu’entendez-vous par «états d’esprit positifs»?

MR Cela ne signifie nullement que les observateurs considèrent la souffrance comme acceptable, mais qu’ils réagissent à celle-ci par des états mentaux constructifs, comme le courage, l’amour maternel, le sentiment d’affiliation, la détermination à trouver un moyen d’aider, et non des états mentaux «négatifs», qui engendrent plutôt la détresse, l’aversion, le découragement et l’évitement.

«Pour réduire le burn-out qui affecte les professionnels de la santé, et ne pas déshumaniser une profession dont l’essence même est l’humanité, il serait utile d’offrir à ceux qui s’y engagent des moyens de développer les qualités intérieures dont ils ont besoin pour mieux secourir les autres.»

IV Qu’en est-il du côté des professionnels de la santé?

MRLe curriculum des études médicales ne mentionne quasiment pas le mot «compassion», encore moins les méthodes pour la cultiver, en dépit du fait que la bienveillance et la compassion font partie intégrante de l’idéal de la médecine, du serment d’Hippocrate et du code déontologique. Les étudiants en médecine et les jeunes médecins qui commencent à exercer dans les hôpitaux sont plus souvent mis à l’épreuve par des horaires draconiens qui exigent souvent vingt-quatre heures de présence ininterrompue auprès des malades. Il existe bien sûr partout dans le monde d’innombrables médecins, infirmières et aides-soignants qui se consacrent inlassablement au bien-être des autres avec un dévouement admirable. Mais pour réduire le burn-out qui affecte les professionnels de la santé, et ne pas déshumaniser une profession dont l’essence même est l’humanité, il serait utile d’offrir à ceux qui s’y engagent des moyens de développer les qualités intérieures dont ils ont besoin pour mieux secourir les autres. Si le personnel soignant avait la possibilité de cultiver la compassion et de l’introduire au cœur même des pratiques courantes des hôpitaux, les patients se sentiraient mieux entourés et les médecins et infirmières en retireraient davantage de satisfaction et un meilleur équilibre émotionnel.

«Pour réduire le burn-out qui affecte les professionnels de la santé, et ne pas déshumaniser une profession dont l’essence même est l’humanité, il serait utile d’offrir à ceux qui s’y engagent des moyens de développer les qualités intérieures dont ils ont besoin pour mieux secourir les autres.»

IV La technologie occupe une place grandissante dans les hôpitaux et institutions de soins. N’établit-elle pas une distance entre le patient et le soignant?

MR Les machines en elles-mêmes n’ont évidemment que du bon dans la mesure où elles servent à mieux dépister les maladies et à les soigner. La technologie peut aujourd’hui faire des merveilles. Mais l’usage d’instruments performants ne devrait pas, bien entendu, reléguer à l’arrière-plan la présence bienveillante du médecin et du personnel soignant, qui est essentielle pour le patient.

 

IV Votre livre aborde également une distinction claire entre l’altruisme et l’empathie.

MR Il ne faut en effet pas confondre l’empathie avec l’amour altruiste et la compassion, qui est le désir de remédier à la souffrance et à ses causes. L’empathie est un signal d’alerte qui nous informe sur la situation de l’autre. C’est une résonance affective qui fait que si l’autre est en joie, vous ressentez de la joie, et s’il souffre, vous êtes éprouvé par sa souffrance. C’est aussi une expérience cognitive qui vous fait imaginer ce que l’autre ressent, ou, ce qui est différent, ce que vous ressentiriez à sa place.

Mais l’empathie laissée à elle-même ne suffit pas. Si vous vous contentez de souffrir de la souffrance de l’autre, jour après jour, mois après mois, vous pâtirez très vite d’un épuisement émotionnel, le burn-out. Aux Etats-Unis, une étude a d’ailleurs montré que 60% du personnel soignant souffre ou a souffert du burn-out et qu’un tiers en est affecté au point de devoir interrompre momentanément ses activités.

LES ÉTUDES MÉDICALES NE MENTIONNENT QUASIMENT PAS LE MOT COMPASSION.

IV L’empathie ne présente donc pas que des vertus?

MR Selon les circonstances et les individus, l’empathie peut évoluer en sollicitude et engendrer le désir de pourvoir aux besoins d’autrui. Mais elle peut aussi déclencher une détresse qui focalise notre attention sur nous-mêmes et nous détourne des besoins de l’autre. Pour cette dernière raison, l’empathie ne suffit pas en elle-même à engendrer l’altruisme.

IV Comment s’approcher alors de cet état?

MR Reste la compassion, dont l’essence est une motivation altruiste, nécessaire et suffisante pour que nous désirions le bien d’autrui et engendrions la volonté de l’accomplir par l’action. En effet, cette compassion est consciente de la situation de l’autre, elle est associée au désir de soulager sa souffrance et de lui procurer du bien-être. Enfin, elle n’est pas parasitée par une confusion entre les émotions ressenties par l’autre et les nôtres.

IV Plusieurs recherches, auxquelles vous avez d’ailleurs participé, montrent scientifiquement ces différences.

MR En effet, Tania Singer, directrice de l’Institut Max-Planck des neurosciences de Leipzig, et ses collègues ont entrepris une étude longitudinale, un projet baptisé «ReSource», qui vise à entraîner sur une année un groupe de 400 volontaires novices à une multitude de capacités affectives et cognitives, des capacités mentales qui incluent l’empathie et la compassion. Une étude préliminaire a déjà montré que, chez la plupart des gens, l’empathie ressentie face à la souffrance de l’autre est systématiquement corrélée avec des sentiments entièrement négatifs – douleur, détresse, inquiétude, découragement. La signature neuronale de l’empathie est similaire à celle des émotions négatives.

IV Tandis que l’altruisme est corrélé avec des sentiments positifs?

MR Les premiers résultats montrent qu’à l’issue d’une semaine de méditations orientées vers l’amour altruiste et la compassion, des sujets novices perçoivent de manière beaucoup plus positive et bienveillante des extraits de vidéos montrant des personnes en souffrance.

Contrairement à la détresse empathique, l’amour et la compassion sont des états d’esprit positifs, qui renforcent la capacité intérieure à faire face à la souffrance d’autrui.

IV Y a-t-il d’autres domaines pour lesquels l’altruisme pourrait se révéler bénéfique?

MR La question de l’environnement, en particulier, nous concerne, nos enfants, nos proches et nos descendants, ainsi que l’ensemble des êtres, humains et animaux, maintenant et dans l’avenir. Or, aussi complexe cette question soit-elle, elle se résume à l’opposition de l’égoïsme et de l’altruisme. Si nous avons de la considération pour le sort des générations futures, nous ne pouvons pas endommager à ce point la planète que nous allons leur laisser. Ils nous diront: «Vous saviez et pourtant vous n’avez rien fait.»

De même, si nous avions davantage de considération pour la qualité de vie de ceux qui nous entourent, nous veillerions à améliorer leurs conditions de travail, de vie familiale et sociale, et de bien d’autres aspects de leur existence. En particulier, nous nous efforcerions de remédier à la précarité qui subsiste au sein de la richesse.

IV Vous dénoncez aussi les dérives du libre-échange et défendez une économie responsable envers les autres.

MRSi les investisseurs avaient plus de considération pour le bien-être d’autrui, ils ne joueraient pas comme au casino avec les économies des épargnants qui leur ont fait confiance, dans le but de récolter de plus gros dividendes en fin d’année. Ils ne spéculeraient pas sur les ressources alimentaires, les semences, l’eau et autres ressources vitales à la survie des populations les plus démunies.

Regardez la crise! N’est-elle pas une exacerbation des intérêts personnels, entièrement centrés sur soi? N’a-t-elle pas été déclenchée par l’avidité, les spéculations sauvages, les manipulations liées aux sub-primes? Tout cela vient d’une vision réductionniste, déshumanisée, de l’être humain, celle de l’Homo economicus. Ne vaut-il pas mieux encourager l’émergence, en nous-mêmes et dans la société, de l’Homo altericus, celui qui construit son bonheur avec les autres, dans la solidarité et le souci d’autrui? L’altruisme est bien le fil d’Ariane qui nous permet de retrouver notre chemin dans ce dédale de préoccupations graves et complexes.

par Paule Goumaz sur Invivomagazine.com

http://www.invivomagazine.com/fr/mens_sana/interview/article/83/matthieu-ricard-les-professionnels-de-la-sante-devraient-cultiver-l-altruisme

Souffrance au travail : oubliez le psychologue !

Entre 2007 et 2014, la psychologue du travail Lise Gaignard rédige des chroniques à partir d’entretiens menés dans son cabinet. Elle souligne les phrases les plus affligeantes, les retape, et change les prénoms. Aujourd’hui réunis dans un ouvrage,Chroniques du travail aliéné, ces textes sont poignants : la psychanalyste a du mal à relire son livre. Elle n’est pas la seule : « On m’a reproché de dire du mal des travailleurs », raconte-t-elle.

Si son texte suscite des réactions vives, c’est qu’il critique la dépolitisation de la souffrance au travail : à ses yeux, le changement le plus frappant dans le monde du travail en France n’est pas « la transformation – pourtant importante – des modes de management, ni les catastrophiques techniques d’évaluation pipées, ni la mondialisation. Pour moi, la différence majeure, c’est qu’en France, quand on est victime d’une injustice épouvantable au travail… on demande à aller chez le psy ! ».

D’après la psychologue du travail, c’est en 1998 que tout commence, avec la sortie de Souffrance en France, de Christophe Dejours, et Le Harcèlement moral, de Marie-France Hirigoyen. Deux ouvrages qui connaissent un succès retentissant :« Soudainement, tout le monde est harcelé, tout le monde a un pervers narcissique dans son entourage ! Le ministère du travail va même introduire le harcèlement moral dans la loi de 2002. » Lise Gaignard n’a pas de mots tendres pour cette loi qui« arrange les entreprises : pendant qu’on consulte sur les risques psychosociaux, on ne s’interroge pas sur les modalités de production ».

« LE PROBLÈME N’EST PAS MÉDICAL, IL EST LIÉ AU TRAVAIL »

Les risques psychosociaux auraient-ils été instrumentalisés ? En tout cas, de nombreux médecins se plaignent d’avoir à régler des problèmes qui relèvent du management plus que de la santé. « Quand on a commencé à parler de harcèlement, c’était miraculeux : finalement, on comprenait ce qui se passait, on pouvait s’en prendre au pervers narcissique », se souvient Fabienne Bardot.

Mais cette médecin du travail porte aujourd’hui un regard plus amer sur la question, et refuse de mettre ses patients en inaptitude médicale. « C’est ce que tout le monde leur dit de faire, et c’est grave ! Le problème n’est pas médical, il est lié au travail. Je préfère la rupture conventionnelle : au moins, c’est le salarié qui la demande, qui décide de mettre un terme à une situation qui ne lui convient pas. »

Une façon de lutter contre l’hypocrisie d’une société qui gomme les conflits sociaux pour ne pas avoir à les aborder : « On ne dit plus un salarié, on dit un collaborateur, comme si dans l’entreprise tout le monde était égal. On ne dit plus licenciement, mais plan de sauvegarde de l’emploi. Même après les attentats du 13 novembre, on ne parle que de la souffrance des gens ! On met en place des cellules d’urgence, mais personne ne se demande comment on a pu produire des monstres pareils. »

« […] On utilise le psychologue pour faire du contrôle social, pour adapter les humains à des contextes hostiles ! »

Si la psychologisation de la souffrance au travail s’est autant développée, c’est aussi qu’elle constitue une niche rémunératrice pour les médecins, consultants et experts qui se sont spécialisés sur la question. « Même les syndicats envoient les salariés chez le psy ! La souffrance ne pousse plus à l’action, elle est vécue de façon individuelle et désespérante », regrette Anne Flottes, auteur de Travailler, quel boulot ! Les conflits du travail, enjeux politiques du quotidien.

« Bien sûr qu’il y a des gens qui vont mal et que le travail joue un rôle majeur dans ce malaise. Sauf qu’on utilise le psychologue pour faire du contrôle social, pour adapter les humains à des contextes hostiles ! », renchérit la professeure depsychologie sociale Pascale Molinier.

Le psychologue Yves Clot parle d’une approche hygiéniste des risques psychosociaux, qui transforme la fragilité des situations en fragilité des personnes. Stress, burn-out, pervers narcissique, sont des termes qu’il prend avec beaucoup de recul :« Le vocabulaire est glissant parce qu’il traduit une angoisse sociale d’appeler les choses par leur nom. Il y a quelque chose de profondément déréglé dans le travail. On assiste alors à une obsolescence programmée des mots. On passe des plans d’action contre les risques psychosociaux à la qualité de vie au travail, et pendant ce temps les symptômes s’aggravent. »

L’IMPOSSIBILITÉ DU TRAVAIL BIEN FAIT

Le cœur du problème est ailleurs. Il se trouve dans l’impossibilité du travail bien fait. Des personnes qui souhaitent travailler dans les règles de l’art se heurtent à des organisations qui sacrifient la qualité du travail, dans tous les secteurs : l’industrie, les services ou encore le milieu universitaire. Ces conflits de critères refoulés viennent s’enkyster dans le corps et la tête de chacun.

Le problème devient alors personnel, mais il est politique dans ses causes, tout comme dans ses conséquences. L’auteur de Le travail peut-il devenir supportable ? évoque le cas Volkswagen, « une organisation du travail qui fonctionne comme laCorée du Nord : on ne peut pas parler sous peine d’être éliminé, et on finit par abîmer l’entreprise, ainsi que la planète. Et là, on accorde aux salariés le droit de faire des aveux : c’est le comble de la perversion politique ! On les contraint à ravalerleur expérience, et quand on arrive au drame on leur demande de confesser des tricheries qu’ils ont été amenés à faire justement parce que la parole était censurée. »

Par Margherita Nasi  pour LeMonde.fr  http://mobile.lemonde.fr/entreprises/article/2016/01/24/soufrance-au-travail-oubliez-le-psychologue_4852707_1656994.html?xtref=https://t.co/99OlxecEof

Combien de pas par jour devons-nous vraiment faire ?

L’OMS conseille de faire 10 000 pas par jour. Faut-il suivre cette recommandation à la lettre ? Le « New York Magazine » a enquêté et nous éclaire.

Dix mille pas par jour. Ce nombre tourne en boucle, tel un objectif idéal à atteindre pour être en bonne santé, et les aides techniques (podomètres) se multiplient à la vitesse de la lumière pour nous aider à y parvenir.  L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de faire 10 000 pas quotidiennement, mais quels sont les fondements scientifiques de cette recommandation ?

L’inspiration nippone

Le New York Magazine nous apprend que le chiffre de 10 000 pas ne repose pas sur des bases scientifiques et qu’il est apparu pour la première fois dans les années 60 au… Japon ! « Il a commencé essentiellement autour des Jeux olympiques de Tokyo en 1964 », nous apprend Catrine Tudor-Locke qui est chercheuse au Pennington Biomedical Research Center (Bâton-Rouge, États-Unis). Mais 10 000 est aussi un « nombre de très bon augure » pour les Japonais, déclare Théodore Bestor, qui est chercheur spécialisé dans la société et la culture japonaise à Harvard, ainsi il est probable que 10 000 était un nombre qui sonnait bien sur le plan marketing et raisonnait favorablement chez les gens de l’époque.

10 000 pas, objectif obsolète ?

L’apport calorique moyen d’un Japonais en 1964 était de 2 632 calories, or il est aujourd’hui de 3 524 calories par jour en France (données OMS 2011), soit 1 000 calories d’écart. Faire 10 000 pas permet de consommer entre 300 et 400 calories, il faudrait donc faire au moins 20 000 pas par jour pour rester dans l’esprit du calcul originel !

Relativiser

L’objectif de 10 000 pas est simpliste, il ne peut convenir à tout le monde, mais il est absolument nécessaire de le peaufiner en fonction de son profil (âge, poids) et de son mode de vie. Et si cet objectif représente un formidable résultat s’il est atteint quotidiennement, il est des situations pour lesquelles il ne s’avère pas pertinent. Ainsi chez ceux qui sont très sédentaires, il serait plus raisonnable de fixer un objectif de 5 000 pas quotidiens. Autre effet pervers possible des 10 000 pas, celui d’entraîner une surconsommation alimentaire qui annulerait les bénéfices de l’effort physique. Compter ses pas n’a de sens que si l’on s’astreint à ne pas manger davantage. Enfin, 10 000 pas pourraient s’avérer trop peu pour les enfants, selon Jean-Philippe Walhin, chercheur à l’université de Bath, voilà une nouvelle preuve de l’absurdité d’un tel objectif fixé pour tout le monde.

Pour conclure

Bougez plus, utilisez un compteur de pas pour évaluer votre activité quotidienne et fixez-vous des objectifs personnels en parallèle d’une alimentation équilibrée. Sachez néanmoins que, si 10 000 pas vous paraissent être un objectif inatteignable, vous tirerez des bénéfices à pratiquer la marche à partir de 5 000 pas quotidiens.

PAR 

Publié le  | Le Point.fr